Le pic de la hausse des taux d’intérêt est-il déjà derrière nous ? « Je pense qu’il est trop tôt pour le dire »

Les bourses européennes et américaines ont clôturé la semaine de négociation dans le vert la semaine dernière. Les investisseurs s’attendent à ce que le pic des hausses de taux d’intérêt par les banques centrales soit déjà derrière eux. « Cela me semble prématuré », estime cependant Jean-Paul Jaegers, responsable de l’allocation d’actifs à la banque d’investissement Barclays Wealth & Investments.

Depuis le début de l’année 2022, la volatilité règne sur les marchés boursiers. La guerre en Ukraine, les craintes d’inflation et de récession et la hausse des prix de l’énergie ont fait vaciller les investisseurs. Une semaine, les bourses deviennent rouge sang, et la suivante, il y a des signes d’espoir. C’est pourquoi plusieurs analystes ont mis en garde ces derniers mois contre les rallyes de marché baissier. Il s’agit d’un rallye de courte durée pendant un marché baissier (dans lequel se trouvent actuellement le Nasdaq et le S&P500), qui sont cependant suivis de nouvelles baisses de prix.

Les marchés boursiers reprennent leur souffle

La semaine dernière, les marchés boursiers semblaient avoir fait une pause pour reprendre leur souffle, ce qui s’est traduit par des gains modestes. Selon Jaegers, la reprise a été alimentée par l’espoir que les hausses de taux d’intérêt déjà effectuées par les banques centrales avaient atteint leur maximum. La Réserve fédérale, par exemple, a revu ses taux d’intérêt à la hausse de 75 points de base le mois dernier.

En raison du taux d’inflation élevé (9,1 %) aux États-Unis en juin, les investisseurs ont brièvement craint qu’une hausse de 100 points de base des taux d’intérêt soit envisagée ce mois-ci. Ces craintes ont été apaisées grâce à certaines déclarations de responsables de la Fed. Par exemple, Christopher Waller, membre du Conseil des gouverneurs de la Réserve fédérale, a déclaré au début du mois qu’il était favorable à une nouvelle hausse des taux de 75 points de base.

Trop optimiste ?

Le directeur général de Barclays prévient que les investisseurs sont peut-être trop optimistes. « Si nous nous basons sur les données économiques, il est trop prématuré de dire que le pic (des hausses de taux d’intérêt) est derrière nous », dit-il. Selon Jaegers, il faudra peut-être encore des mois avant que les banques centrales se sentent suffisamment à l’aise avec l’évolution de l’inflation pour lever le pied du frein.

Il a également fait la lumière sur la situation économique de la zone euro, où la Banque centrale européenne (BCE) a relevé ses taux d’intérêt la semaine dernière, pour la première fois en 11 ans. Il a été décidé de relever le taux d’intérêt de 50 points de base.

Selon Jaegers, il ne faut pas simplement comparer la situation de la zone euro avec celle des États-Unis. Il souligne qu’il est beaucoup plus difficile pour la BCE de relever sensiblement les taux d’intérêt. « La zone euro se dirige vers la récession. Elle est confrontée à de nombreux défis, tels que la guerre en Ukraine, une crise énergétique et la crise politique en Italie », explique-t-il. « Dans une telle situation économique, il est très difficile de relever sensiblement les taux d’intérêt. »

(CP)

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