Principaux renseignements
- Une rupture diplomatique liée à des massacres historiques a conduit les deux présidents à boycotter la conférence.
- L’Ukraine cherche à lever plus de 1,5 milliard d’euros pour reconstruire des logements et des infrastructures essentielles.
- Les dirigeants de l’UE et du Royaume-Uni s’engagent à octroyer des milliards sous forme de prêts et de financement pour des drones afin de renforcer la résilience nationale.
La Conférence sur la reconstruction de l’Ukraine, qui se tient à Gdańsk, a débuté dans un contexte de grave crise diplomatique entre Kiev et Varsovie. L’absence des présidents Volodymyr Zelensky et Karol Nawrocki constitue un message politique fort. Ça jette une ombre sur un sommet destiné à coordonner la reconstruction massive de l’Ukraine après la guerre.
Cet événement vise à faciliter la renaissance économique, d’une ampleur comparable à celle du plan Marshall historique. Cependant, l’atmosphère est fortement marquée par une rupture qui ne cesse de s’aggraver autour de griefs historiques. Euronews rapporte ça.
Griefs historiques entraînant une rupture diplomatique
Les tensions actuelles trouvent leur origine dans la décision du président Zelensky de donner à une unité militaire le nom de l’Armée insurrectionnelle ukrainienne (UPA). Alors que l’Ukraine considère l’UPA comme un symbole d’indépendance et de résistance contre l’oppression soviétique, la Pologne associe cette organisation au massacre de Volhynie des années 1940, au cours duquel des milliers de Polonais ont été tués.
Ce désaccord s’est aggravé lorsque le président Nawrocki a révoqué l’Ordre de l’Aigle blanc décerné à Zelensky, la plus prestigieuse distinction polonaise. Zelensky a réagi en rendant cette décoration et en se retirant de la conférence.
Objectifs financiers
Malgré ces tensions, le sommet reste une plaque tournante financière essentielle. Le vice-Premier ministre ukrainien, Oleksiy Kuleba, a indiqué que Kiev espérait conclure plus de 30 accords totalisant plus de 1,5 milliard d’euros pour reconstruire des logements et des infrastructures. Plus de 530 projets d’investissement régionaux sont présentés par le ministère ukrainien du Développement. Afin de minimiser les frictions politiques, la Première ministre ukrainienne, Yulia Svyrydenko, dirige la délégation. Elle oriente délibérément les discussions loin de la diplomatie pour se concentrer sur des opportunités commerciales concrètes et la résilience nationale.
Aide internationale
Le soutien international reste une pierre angulaire de cette rencontre. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, devrait débloquer la première tranche de 3,2 milliards d’euros d’un programme de prêts européen plus vaste de 90 milliards d’euros, qui avait auparavant été bloqué par la Hongrie. Une enveloppe supplémentaire de 5 milliards d’euros destinée à la fabrication de drones est attendue sous peu. Parallèlement, le Royaume-Uni s’engage à verser plus de 330 millions d’euros pour moderniser le système judiciaire ukrainien et stabiliser son réseau énergétique.
Numéro d’équilibriste
Le Premier ministre polonais Donald Tusk tente un numéro d’équilibriste délicat, visant à empêcher que le différend ne s’envenime davantage. Tusk a laissé entendre que l’absence de Zelensky pourrait en réalité profiter aux débats en éliminant la volatilité émotionnelle et en permettant un dialogue plus technique et axé sur les politiques. Il a souligné que l’escalade des tensions ne servait que les intérêts de Vladimir Poutine. Il a appelé à une relation fondée sur des objectifs d’avenir plutôt que sur les tragédies du passé.
Certains responsables polonais considèrent le boycott de Zelensky comme une erreur stratégique. Cependant, le sommet se poursuit. Les Premiers ministres et les dirigeants internationaux se concentrant sur la nécessité urgente du redressement physique et économique de l’Ukraine.
(mv)(fc)
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