Principaux renseignements
- La Belgique plaide pour un équilibre entre les objectifs d’émissions pour 2035 et la stabilité économique du secteur automobile.
- Les règles proposées autoriseraient un écart de 10 pour cent dans les émissions grâce aux carburants synthétiques et aux biocarburants.
- Les pays de l’UE restent divisés sur la question de savoir s’il faut privilégier la flexibilité ou l’électrification totale.
Lors d’une récente réunion avec des responsables européens à Luxembourg, le ministre belge du Climat, Jean-Luc Crucke, a plaidé en faveur d’une stratégie réaliste concernant l’interdiction des véhicules neufs à moteur à combustion pour 2035. Tout en affirmant que la transition vers l’électrique est essentielle, M. Crucke a fait valoir que les objectifs environnementaux doivent être conciliés avec la stabilité économique de l’industrie automobile.
Propositions d’ajustements des émissions
Le débat actuel porte sur une proposition de la Commission européenne visant à modifier l’échéance de 2035. Plutôt qu’une interdiction totale, il est suggéré d’exiger des constructeurs qu’ils réduisent leurs émissions moyennes de 90 pour cent au lieu de 100 pour cent. L’écart restant serait comblé par l’intégration de biocarburants, de carburants synthétiques ou par l’utilisation d’acier à faible teneur en carbone.
Encourager la production de véhicules électriques compacts et abordables
Le ministre Crucke a considéré cette proposition comme un point de départ pour les négociations, tout en soulignant la nécessité de protéger les entreprises qui ont déjà investi des capitaux importants dans la technologie électrique.
En outre, il a appelé à la mise en place de mesures visant à encourager la fabrication de véhicules électriques compacts et abordables, qu’il considère comme essentiels pour l’accessibilité sociale.
Divisions européennes
Cette demande de flexibilité était largement motivée par la volonté de l’Allemagne de protéger son marché automobile vulnérable. Cependant, un consensus entre les pays de l’UE reste difficile à atteindre. La France a exprimé son opposition, la ministre Monique Barbut faisant valoir que les carburants alternatifs ne peuvent rivaliser avec les véhicules électriques en termes d’accessibilité financière ou de réduction de la pollution. Barbut a également souligné la forte augmentation de l’adoption des véhicules électriques à la suite des flambées des prix du pétrole provoquées par l’instabilité au Moyen-Orient.
Soutenant la transition vers l’électrification, le commissaire européen Wopke Hoekstra a souligné que l’abandon des combustibles fossiles avait déjà permis de réduire les coûts d’importation d’environ 4,5 milliards d’euros par an. (fc)
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