Ouïghours: le triste dilemme des firmes allemandes engluées au Xinjiang

Un employé dans une usine Volkswagen en Chine
Een fabrieksband van Volkswagen in China. EPA/QILAI SHEN

Le Xinjiang est maintenant tristement célèbre pour ses abus contre la minorité musulmane des Ouïghours. Cette publicité ne fait guère les affaires des entreprises étrangères qui y ont investi.

Récemment, des fuites ont révélé que les autorités chinoises avaient organisé l’internement arbitraire d’un million d’Ouïghours et de membres d’autres communautés musulmanes dans des camps et des prisons au Xinjiang, une région du nord-ouest de la Chine.

Résultat: les entreprises étrangères qui y ont investi en font les frais, surtout les firmes allemandes qui s’étaient déjà illustrées par leur recours au travail forcé pendant la seconde guerre mondiale, comme Volkswagen et BASF… 

Une polémique doublée d’un dilemme

Or, Volkswagen produit ses Santana dans son usine d’Urumqi, la capitale régionale, et prévoit d’y assembler son SUV Tharu dès 2020. De son côté, le groupe chimique BASF possède deux co-entreprises dans la ville de Korla.

Mais la polémique se double d’un dilemme. Les 2 géants allemands redoutent des représailles des autorités chinoises en cas de retrait. Leur installation dans cette région en retard sur le plan économique leur a été ‘conseillé’ par Pékin.

Volkswagen affirme qu’elle a signé des contrats de travail en bonne et due forme avec les 160 employés de son usine d’Urumqi qui appartiennent à des minorités ethniques. Comme elle, BASF exclut la possibilité de travail forcé. Mais ses usines sont installées près d’un centre éducatif à Korla qui, selon des militants ouïghours, serait en fait un camp de ‘rééducation’.

La Chine, un marché irrésistible

La polémique tombe on ne peut plus mal pour l’Allemagne, dont la Chine est depuis 3 ans le premier partenaire commercial, avec un volume d’échanges bilatéraux atteignant 199 milliards d’euros.

BASF a réalisé 11,6 % de son chiffre d’affaires en Chine, à Taiwan et à Hong Kong en 2018, et elle vient d’y lancer un investissement de 10 milliards d’euros. Volkswagen, de son côté, réalise 40 % de ses ventes en Chine.

L’Allemagne a toujours refusé mener une politique de ‘découplage’, comme le font les Etats-Unis pour se défaire d’une certaine dépendance commerciale à l’égard de la Chine. Nos voisins de l’Est ne peuvent se résoudre à renoncer aux 1,4 milliard de consommateurs du marché chinois.