Navalny entame une grève de la faim dans l’espoir de recevoir la visite d’un docteur

Alexeï Navalny, au tribunal de Moscou, pour son appel contre la peine de prison pour fraude fiscale. (Anatoliy Zhdanov/Kommersant/Sipa USA – Isopix)

Le chef de l’opposition russe, Alexeï Navalny, emprisonné depuis plusieurs mois a annoncé, dans une lettre manuscrite publiée sur son Instagram, entamer une grève de la faim. Son but : recevoir la visite d’un médecin et les soins médicaux appropriés.

‘J’ai le droit d’appeler un médecin et d’obtenir des médicaments. Ils ne me donnent ni l’un ni l’autre’, écrit Navalny dans une lettre partagée par ses avocats. ‘La douleur dans le dos s’est déplacée dans ma jambe. Certaines parties de ma jambe droite et maintenant de ma jambe gauche ont perdu leur sensibilité. Blague à part, c’est déjà très ennuyeux.’

Plus tôt ce mois-ci, Navalny a été transféré à la colonie pénitentiaire IK-2, à environ 100 kilomètres à l’est de Moscou. La semaine dernière, le principal opposant de Poutine, âgé de 44 ans, avait expliqué qu’il souffrait de graves douleurs dans le dos et la jambe, mais que les soins médicaux lui étaient refusés.

‘Au lieu de soins médicaux, je suis torturé par privation de sommeil (ils me réveillent 8 fois par nuit) et par les surveillants qui persuadent les condamnés activistes (alias les ‘chèvres’) d’intimider les condamnés ordinaires afin qu’ils ne nettoient pas autour de mon lit’, a indiqué Navalny mercredi dernier.

La pétition des médecins

Plusieurs médecins russes ont récemment lancé une pétition en ligne appelant les autorités pénitentiaires à faire soigner Navalny par un médecin, en dehors de la prison.

‘Nous craignons le pire. Laisser un patient dans cet état peut entraîner de graves conséquences sur la santé, y compris une perte irréversible, partielle ou complète des fonctions motrices des membres inférieurs’, ont-ils indiqué dans la pétition.

Navalny affirme qu’il n’a reçu que de l’ibuprofène et une crème pour ses douleurs. Il craint maintenant une amputation des deux jambes. ‘Je ne veux pas perdre les deux jambes’, a-t-il écrit dans un post Instagram. ‘Ce ne serait pas juste. Tout le monde a deux jambes et je n’en aurais plus.’

‘État stable’

A contrario, les autorités pénitentiaires ont affirmé, pendant une enquête la semaine dernière, que Navalny était dans un état ‘stable et satisfaisant’.

Navalny doit encore purger deux ans et demi d’emprisonnement dans la colonie pénitentiaire pour ne pas s’être présenté aux autorités russes alors qu’il était en liberté conditionnelle. Le chef de l’opposition était en effet en Allemagne où il reprenait des forces après avoir été empoisonné par un poison neurotoxique. Selon Navalny, ce sont les autorités russes qui sont responsables de cette tentative de meurtre. Le mois dernier, un juge a raccourci sa peine de prison d’un mois et demi.

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