Dans les coulisses de la Fed : « le maintien d’une politique monétaire restrictive pendant une période prolongée est approprié »

Dans le procès-verbal, ou minutes, de la dernière réunion de la Fed, les membres de l’institution monétaire donnent le ton : la fin des politiques restrictives, ce n’est pas pour tout de suite.

Pourquoi est-ce important ?

2023, l'année de la fin des politiques monétaires restrictives ? C'est ce que se demandent les investisseurs. Pour évaluer cette perspective, les minutes de la Fed sont un précieux document : on y voit les coulisses de la dernière réunion, les tendances et points de vue des différents membres de l'institution. Un document qui peut donner une idée des prochaines hausses des taux, voire d'un changement de tactique.

Dans l’actu : le procès-verbal de la dernière réunion de la Fed.

  • La Fed avait augmenté le taux d’intérêt de 50 points de base le 14 décembre. La fourchette de taux directeurs est passée à 4,25 – 4,50 %, soit le niveau le plus élevé en 15 ans.

L’essentiel : Des taux qui vont rester élevés encore un bout de temps.

  • « Les participants ont généralement observé qu’une politique restrictive devrait être maintenue jusqu’à ce que les données entrantes permettent de croire que l’inflation est sur une trajectoire descendante durable vers 2%, ce qui devrait prendre un certain temps », peut-on lire.
  • « Les participants ont généralement observé que le maintien d’une politique restrictive pendant une période prolongée jusqu’à ce que l’inflation soit clairement sur la voie de 2 % est approprié dans une perspective de gestion des risques », répète le rapport un peu plus loin.
  • Aucune date n’est avancée, mais différentes analyses, dont celle de la Fed, pointent vers 2024-2025 comme horizon pour que l’inflation retourne à 2%, aux États-Unis comme en Europe. En 2023, elle devrait continuer sa chute, mais rester élevée, de l’ordre de 6% environ. Une baisse du taux d’intérêt, cette année, peut ainsi paraître improbable.
  • Il pourrait bien y avoir d’autres hausses sur la table. « Le Comité prévoit que des augmentations continues de la fourchette cible seront appropriées afin d’atteindre une orientation de la politique monétaire suffisamment restrictive pour ramener l’inflation à 2% à terme », note le rapport. Sans indiquer de niveau où les hausses pourraient s’arrêter.
    • Les observateurs du marché s’attendent à ce que cela ait lieu bientôt, peut-être même après une dernière hausse lors de la prochaine réunion.

Le détail : gare aux mauvaises interprétations.

  • « Un certain nombre de participants ont souligné qu’il serait important de communiquer clairement sur le fait qu’un ralentissement du rythme des hausses de taux n’est pas le signe d’un affaiblissement de la détermination du Comité à atteindre son objectif de stabilité des prix ou d’un jugement selon lequel l’inflation est déjà sur une trajectoire descendante persistante », peut-on lire dans les minutes.
    • C’est qu’une telle « perception erronée » pourrait provoquer un emballement des marchés, qui pourrait à nouveau alimenter l’inflation et rendre le travail de la Fed plus difficile. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle il ne faudrait pas s’attendre à une baisse rapide des taux, comme l’indique Alan Greenspan, ancien président de la Fed, dans ses prévisions économiques.
  • Après quatre hausses de 75 points de base, la Fed a relevé les taux de 50 points de base en décembre. Un ralentissement, longuement attendu par les marchés, qui n’a finalement eu qu’un effet mitigé : les cours ne sont pas repartis de plus belle. Le marché, obnubilé par la Fed tout au long de l’année dernière, serait désormais plus attentif au ralentissement des chiffres d’affaires.
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