« L’or des fous » contient bien de l’or, et on a découvert comment l’exploiter

La pyrite est souvent confondue avec l’or, alors qu’elle n’a aucune valeur. Mais des chercheurs ont découvert des traces de métal précieux au sein de ce minerai ferreux. Et on trouvé comment l’exploiter.

Ce minerai a déjà trompé bien des candidats malheureux à la fortune : avec sa couleur jaune et son aspect métallique, la pyrite a bien mérité son surnom d’ « or des fous ». A tel point qu’en 1578, le navigateur britannique Martin Frobisher en a ramené 1.350 tonnes du Canada et a offert cette cargaison à la reine Élisabeth. Mais ce composé de fer et de souffre n’a tout simplement aucune valeur.

Des cristaux ferreux

C’est du moins ce qu’on a longtemps cru. Mais outre son aspect qui a trompé de nombreux orpailleurs, la pyrite a aussi la particularité de se former dans des conditions fort similaires à celle de l’or. La présence de ce minéral ferreux est donc un indice de la présence possible d’or, pour qui sait faire la différence.

Il est même courant que de minuscules traces d’or soient incluses dans le minerai de pyrite. Et selon une nouvelle étude menée conjointement par l’Université d’Australie occidentale et l’université chinoise des géosciences, il y aurait finalement un moyen de l’extraire. La pyrite se forme en cristaux régulier, ce qui lui confère une forme géométrique fort reconnaissable pour qui connait ce matériau. Mais ces cristaux peuvent avoir des défauts et, au sein de ces défauts, les chercheurs ont décelé de très, très petites traces d’or, résume Denis Fougerouse, de l’université australienne: « Nous avons observé que l’or peut se loger dans des défauts nanoscopiques des cristaux, c’est une nouvelle forme d’or invisible. Plus la pyrite est déformée plus on en trouve dans ces défauts à l’échelle nanoscopique qu’on appelle des dislocations – une centaine de milliers de fois plus fines qu’un cheveux humain – et il faut utiliser une technique spéciale appelée la tomographie à sonde atomique pour les observer. »

Des quantités infinitésimales d’or, donc, mais qui restent exploitables. Et selon l’équipe de chercheurs, il est possible de collecter ce précieux métal pour moins cher que les habituelles méthodes de pression et d’oxydation utilisées pour séparer l’or d’un autre minerai. Un fluide capable de dissoudre l’or contenu dans la pyrite pour le récolter est à l’essai. Cette méthode permettrait d’éviter de détruire la pyrite.

« Le rythme de découverte de nouveaux gisements d’or est en déclin dans le monde entier et la qualité du minerai baisse, alors que la valeur de ce métal précieux est à la hausse », ajoute M. Fougerouse. Au delà de la bijouterie, l’or est en effet essentiel dans le domaine des hautes technologies, en particulier dans l’aérospatiale.

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