L’interview surréaliste de Rudy Giuliani: ‘La famille Biden viole les lois depuis 30 ans et c’est pour ça qu’ils veulent me mettre en prison‘

Rudy Giuliani a réitéré ses graves accusations envers la famille Biden. (Nathan Posner/Shutterstock)

Mercredi matin, le domicile et le bureau de Rudy Giuliani ont été perquisitionnés par le FBI. L’avocat personnel de Donald Trump est soupçonné d’avoir fait pression sur l’administration Trump à la demande d’oligarques ukrainiens qui, en échange, lui livraient des informations sur Hunter Biden.

Moins de 48 heures après les perquisitions, Rudy Giuliani a accordé une interview à Fox News. Le moins que l’on puisse dire, c’est que la descente du FBI n’a pas calmé ses ardeurs.

Comme l’a relaté la presse américaine mercredi, il a indiqué que les enquêteurs étaient repartis avec ‘sept à huit appareils électroniques’.

‘Eh bien, vers six heures du matin, il y a eu un gros bang ! bang ! bang ! à la porte et dehors il y avait sept agents du FBI avec un mandat pour l’électronique. Et j’ai regardé le mandat et j’ai dit: « C’est extraordinaire parce que j’ai proposé de donner ça au gouvernement et d’en discuter avec eux pendant deux ans »’, a-t-il expliqué.

Le mandat de perquisition avait été émis par les enquêteurs fédéraux au cours de la présidence de Trump, mais des hauts responsables politiques du ministère de la Justice s’y était opposé, ont avancé plusieurs médias américains.

Rudy Giuliani a décrit les agents du FBI comme étant ‘professionnels’, ‘courtois’ et ‘un peu désolés’.

Trois disques durs laissés sur place

D’après l’avocat, les enquêteurs sont repartis avec tout le matériel informatique disponible, sauf trois disques durs. Il leur a dit qu’ils appartenaient à Hunter Biden, mais ça ne les intéressait pas, a-t-il affirmé.

‘J’ai dit qu’il s’agissait des disques durs de Hunter Biden. Et ils ont dit « non, non, non, non ! » Pourtant, ces disques durs entrent dans le cadre de leur mandat, qui exige d’eux qu’ils prennent tous les appareils électroniques. Mais ils ont décidé de les laisser derrière eux’, a assuré Rudy Giuliani.

Le proche de Donald Trump s’est étonné de cette façon de faire. ‘Ils étaient aussi complètement satisfaits de se fier à mes dires, au sujet du fait qu’il s’agissait des disques durs de Hunter Biden. Je veux dire, ça aurait pu être ceux de Donald Trump. Ou de Vladimir Poutine. Ils auraient pu être à n’importe qui. Mais ils se sont fiés à moi, l’homme qui était perquisitionné’, a-t-il déclaré.

Rudy Giuliani a expliqué que les disques durs contenaient des preuves des activités illégales de Hunter Biden, et même de toute sa famille. ‘Trente ans de violation de nos lois par la famille criminelle Biden – c’est ce qui se trouve sur le disque dur qu’ils ont censuré. Et c’est pour cela qu’ils veulent me mettre en prison’, a-t-il affirmé.

L’avocat de Trump s’est tellement focalisé sur le fils de l’actuel président américain, qu’il a même fini par appeler le journaliste ‘Hunter’.

Pour rappel, Rudy Giuliani a accusé par le passé Hunter Biden de corruption dans le cadre de ses activités financières en Ukraine. Et celui-ci aurait influencé son père lorsqu’il était vice-président de Barack Obama.

Un stratagème mis en place pour nuire à la réputation de l’adversaire démocrate de Trump dans la course à la Maison Blanche. Toutefois, aucune de ces accusations n’a jamais été étayée par des preuves.

Une mandat ‘illégal’

Outre ses attaques envers la famille Biden, Rudy Giuliani a tout de même profité de l’interview pour se défendre. Il a nié tous les soupçons à son égard. ‘Je n’ai jamais, absolument jamais, représenté un ressortissant étranger. Il est inscrit dans mes contrats que je ne le voulais pas’, a-t-il clamé.

L’avocat a également indiqué qu’il était au courant depuis deux ans que les enquêteurs fédéraux souhaitaient mettre la main sur ses appareils électroniques. ‘J’aurais pu détruire les preuves il y a des années. Je ne l’ai pas fait parce que ces preuves sont disculpatoires. Elles prouvent que le président et moi-même sommes innocents’, a-t-il déclaré.

Pour Giuliani, cet élément implique l’illégalité du mandat des enquêteurs. ‘La seule façon d’obtenir un mandat de perquisition est de montrer qu’il existe des preuves que la personne va détruire les preuves. […[ Il n’y a aucune justification pour ce mandat. C’est un mandat illégal et inconstitutionnel’, a-t-il dénoncé.

De son côté, le FBI a refusé de réagir aux propos de Rudy Giuliani. Dans le mandat des enquêteurs, on retrouvait notamment une allégation selon laquelle l’avocat ne s’est pas enregistré en tant qu’agent étranger lorsqu’il a fait pression sur l’administration Trump à la demande des responsables ukrainiens, ce qui constitue une violation des lois sur le lobbying.

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