L’industrie de la défense belge se tourne vers les armes sophistiquées


Principaux renseignements

  • L’industrie de la défense belge opère une transition stratégique, passant d’une production axée sur les armes légères à la fabrication de composants de pointe pour des systèmes d’armes sophistiqués.
  • Des entreprises belges telles que Sonaca SA et le groupe John Cockerill fournissent des pièces essentielles à des systèmes d’armes de plus grande envergure produits à l’échelle internationale.
  • Portée par une augmentation des dépenses de défense et l’objectif de doubler le nombre d’entreprises du secteur, la Belgique vise à devenir un acteur de premier plan sur le marché européen et mondial de la défense.

L’industrie de la défense belge, traditionnellement axée sur les armes légères et les munitions, évolue stratégiquement vers la production de composants destinés à des armements plus sophistiqués et à des systèmes spécialisés. C’est ce qu’écrit Bloomberg dans une analyse.

Capacités en expansion

Le drone sous-marin Seascan d’Exail Robotics, un excellent exemple de cette évolution, a décroché des contrats avec les marines belge et néerlandaise grâce à sa capacité à détecter des mines à une distance de 120 mètres, même dans des eaux troubles. Cette capacité a également suscité l’intérêt de l’Asie, du Moyen-Orient et de l’Europe, notamment en raison des préoccupations liées aux mines navales dans le contexte géopolitique actuel.

Le secteur de la défense belge contribue également à la fabrication de systèmes d’armes plus importants produits ailleurs. Sonaca SA, leader belge de l’aérospatiale et de la défense, collabore à l’assemblage des stabilisateurs horizontaux du chasseur F-35 de Lockheed Martin Corp. Le groupe John Cockerill fabrique des tourelles utilisées dans les véhicules blindés.

Intégration stratégique

Bart Steukers, PDG d’Agoria, une association représentant plus de 2 000 entreprises technologiques belges, souligne la capacité de la Belgique à fournir des composants essentiels pour des solutions de défense à grande échelle. Il met l’accent sur le potentiel d’intégration d’un plus grand nombre d’entreprises belges dans les chaînes de valeur de grandes sociétés de défense européennes et mondiales telles que Rheinmetall et Thales.

Yves Delatte, PDG de Sonaca, exprime une vision ambitieuse pour l’entreprise, qui vise à devenir un leader mondial du secteur aérospatial et de la défense, avec un chiffre d’affaires de plusieurs milliards de dollars. Il souligne le potentiel de la Belgique à jouer un rôle de premier plan dans le développement de drones qui pourraient accompagner les avions de chasse d’ici quelques années.

Liens transatlantiques

Si l’industrie de la défense belge reste relativement modeste par rapport à des géants comme la France, qui représente près de 10 pour cent des exportations mondiales d’armes, une volonté claire de croissance se fait sentir. Julien Compere, PDG de FN Herstal, souligne l’importance de maintenir des relations transatlantiques solides malgré des tensions occasionnelles. Il révèle que FN Herstal, qui fournit déjà des armes légères à l’armée américaine, est en pourparlers avec plusieurs entreprises américaines concernant la fabrication en Europe d’armes conçues aux États-Unis.

Conscient de la nécessité d’augmenter les dépenses de défense, le Premier ministre belge Bart De Wever s’est engagé l’année dernière à s’aligner sur le nouvel objectif de l’OTAN de 5 pour cent d’ici 2035, alors que le pays atteint déjà 2 pour cent. Le gouvernement a également présenté un plan visant à investir environ 34 milliards d’euros dans la défense au cours des neuf prochaines années.

Renforcer l’écosystème de la défense

Le ministre belge de la Défense, Theo Francken, vise à doubler le nombre d’entreprises du secteur de la défense pour atteindre 160 d’ici cinq ans et à donner la priorité à la rétention d’une plus grande partie des retombées économiques en Belgique. Le premier salon de la défense Bedex, qui s’est tenu en mars, a attiré 200 entreprises de 27 pays et a débouché sur 16 contrats, dont une collaboration entre la société américaine Anduril Industries, la société belge COBBS Belux et la société finlandaise Nokia pour développer des capacités de lutte contre les drones en Belgique.

M. Francken souligne l’engagement renouvelé de la Belgique en matière de défense, reconnaissant son rôle historique en tant que membre fondateur de l’OTAN et de l’UE. Il affirme que la Belgique prend enfin les mesures nécessaires pour remplir ses obligations au sein de l’alliance. (fc)

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