L’expansion mondiale des banques, c’est fini

Christiana Riley a été élue nouvelle responsable de Deutsche Bank pour le continent américain. Elle affirme que l'ère de l'expansion mondiale débridée pour le secteur bancaire est révolue.

Christiana Riley a été élue nouvelle responsable de Deutsche Bank pour le continent américain. Elle affirme que l’ère de l’expansion mondiale débridée pour le secteur bancaire est révolue.

La nouvelle responsable de Deutsche Bank US aime les déclarations fortes, pas de doutes. Christiana Riley a été promue cet été lorsque la banque allemande a annoncé des changements radicaux visant à rétablir la rentabilité. Elle a des positions très marquées, et elle n’est pas là pour dire ce que vous voulez entendre.

Une restructuration de 7,4 milliards d’euros

« Vous devez choisir vos batailles », martèle-t-elle, avant d’asséner que les banques doivent se replier maintenant que le « pic de mondialisation » a été dépassé. La scène se passe à l’auditoire du FT US Banking Forum à New York.

Sa punchline : l’ère de l’expansion mondiale débridée est révolue pour le secteur bancaire. Et les premières conséquences sont déjà visibles chez Deutsche Bank : la division actions de la banque d’investissement devrait fermer ses portes et les opérations de trading de taux seront fortement réduites. Une restructuration qui s’élève à 7,4 milliards d’euros. « Nous opérons une mondialisation post-pic« , déclare Christiana Riley. « Le secteur des services financiers a peut-être été le plus grand bénéficiaire de la mondialisation. C’est l’ère d’une expansion mondiale débridée qui se rétrécit. »

L’égalité des conditions de concurrence, autre problème

Son autre cheval de guerre : la concurrence internationale, qui posera toujours problème au cours des prochaines années. Maintenant que la mondialisation ira en diminuant, Deutsche veut des règles similaires d’un pays à l’autre. Les banques en Europe et aux Etats-Unis ne sont pas sur un pied d’égalité réglementaire, et Christiana Riley s’en inquiète.

En parlant d’Europe, elle déclare que les taux d’intérêt négatifs y « défient toute logique » et n’ont pas eu les effets escomptés par les banques centrales. Elle met donc en garde contre la concentration du pouvoir en Europe, affirmant que les banques centrales forcent les banques à prendre des risques. USA – Europe : 1-0. Reste à voir ce que compte répliquer Margrethe Vestager, la commissaire européenne candidate à la concurrence, qui souhaite garantir une concurrence équitable à grande échelle… en démarquant l’Europe des Etats-Unis.