L’Espagne se dirige vers le ‘lockdown’

Le Président du gouvernement espagnol Pedro Sánchez. (EPA)

Deuxième pays d’Europe le plus touché par l’épidémie, l’Espagne prend des mesures fortes et se dirige maintenant vers un lockdown total.

Devant la gravité de la situation, le Président du gouvernement espagnol Pedro Sánchez a déclaré ce vendredi ‘l’état d’alerte’, la première des trois étapes qui constituent l’état d’urgence. Celle-ci dure 15 jours mais pourra par la suite être prolongée avec l’approbation du Parlement.

Le gouvernement espagnol a aujourd’hui spécifié ses dispositions. Il prévoit d’interdire tous les mouvements qui ne sont pas nécessaires à partir de lundi, rapporte le journal El Pais. Il serait toutefois toujours possible d’aller travailler, acheter des vivres et de se rendre à l’hôpital. Sont également autorisés les déplacement vers des institutions financières et pour assistance et soins aux personnes âgées, aux mineurs, aux personnes à charge, aux personnes handicapées ou aux personnes particulièrement vulnérables.

La situation s’aggrave rapidement en Espagne. 1.522 nouveaux cas d’infection par des coronavirus ont été détectés en 24 heures, ce qui porte le total à 5.753 ce samedi. Le gouvernement avait auparavant exprimé la crainte que le nombre d’infections n’atteigne bientôt les 10.000.

Madrid particulièrement touchée

Après un Conseil des ministres extraordinaire, le gouvernement avait déjà annoncé jeudi plusieurs mesures pour lutter contre la pandémie, dont une injection de 3.800 millions d’euros dans le secteur de la santé, indique la chaîne La Sexta.

La région la plus touchée reste la communauté de Madrid avec 2.940 cas. Au total, l’Espagne déplore 136 décès ce samedi (dont trois seulement sont reportés en dehors de la capitale). L’épidémie s’est considérablement accélérée ces derniers jours, le nombre de personnes contaminées s’est multiplié par quatre depuis dimanche alors que l’Espagne passait le cap des 2.000 cas ce mercredi. Le nord du pays, la Rioja et le Pays basque, sont également très touchés.

A la demande du maire de Madrid, la capitale commence aujourd’hui à fermer ses cafés et terrasses. José Luia Martínez-Almeida (le maire) a également déclaré à Antena 3 TV qu’il n’avait pas écarté l’idée de fermer la ville, affirmant qu’il serait ‘irresponsable’ de ne pas envisager tous les scénarios possibles. ‘Nous ne pouvons pas dire que cela va se produire immédiatement, ni que nous l’avons écarté’, a-t-il ajouté.

Quelques heures plus tôt, les autorités du Pays Basque avaient déjà activé un plan de protection civile, permettant au gouvernement régional d’ordonner l’enfermement des personnes pour enrayer la propagation.

Jeudi soir, le gouvernement régional de Catalogne a également confiné quatre municipalités de la région de Barcelone, soit 70.000 personnes pendant quinze jours. ‘Personne n’est autorisé à sortir de ces zones affectées’, a déclaré la Generalitat de Catalunya. ‘Seuls le personnel d’urgence et les véhicules apportant du carburant et des vivres seront autorisés à se déplacer dans la zone.’

Une ministre testée positive

La Sagrada Familia à Barcelone a également fermé ses portes aux touristes, sans indiquer de possible date de réouverture. Le célèbre musée du Prado à Madrid est aussi fermé. Le championnat de football espagnol, La Liga, est suspendu pour les deux prochaines semaines. Le Real Madrid, l’un des clubs les plus célèbres au monde, a été placé en quarantaine. 

L’intégralité du gouvernement espagnol s’est par ailleurs soumis ce jeudi au test du coronavirus après qu’une ministre ait été confirmée positive. Il s’agit de la ministre de l’Égalité Irene Montero, membre du parti de gauche radicale Podemos. Son compagnon Pablo Iglesias, vice-président du gouvernement et chef de Podemos, est aussi en quarantaine.

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