Les USA prêts à casser le modèle classique de la vaccination: premier arrivé, premier servi

Alors que des files se forment devant certains centres, d’autres manquent de patients. La Floride a, elle, déjà élargi ses critères par rapport aux recommandations nationales. Sur cette photo, les personnes âgées de plus de 65 ans attendent de recevoir leur première dose du vaccin Moderna. – Isopix

Il n’y a pas qu’en Belgique que l’on connaît des difficultés à mettre la campagne de vaccination contre le Covid-19 sur les bons rails. Si les chiffres américains sont (nettement) plus encourageants que les nôtres, ils sont tout de même bien en-deçà des attentes. Plusieurs hauts responsables de la Maison-Blanche planchent sur une solution radicale.

À la date du 5 janvier, 4,8 millions d’Américains avaient reçu la première dose du vaccin contre le coronavirus. Or, début décembre, les autorités avaient annoncé que 20 millions d’habitants seraient déjà vaccinés avant le Nouvel An. On est donc loin du compte.

À l’image de la Belgique et de nombreux autres pays européens, les États-Unis connaissent pas mal de soucis d’approvisionnement. Ce facteur ralentir considérablement la campagne de vaccination, mais il n’explique pas tout. Comme l’explique le Daily Beast, certaines doses sont prêtes à être injectées… mais elles ne trouvent tout simplement pas preneur.

Les principaux concernés seraient mal informés

Comme tous les autres pays, les États-Unis ont désigné des groupes de personnes ayant accès au vaccin en priorité: les personnes travaillant dans les soins de santé de première ligne, le personnel des maisons de retraite et leurs résidents.

Il apparaît qu’un nombre trop important de travailleurs des soins de santé ne se font pas vacciner alors qu’ils y ont droit. Le problème est double. D’une part, remarquent les autorités fédérales, certains États connaissent des soucis d’ordre administratif et ne renseignent pas correctement les principaux concernés sur les modalités à remplir afin d’obtenir leur vaccin. D’autre part – et le problème semble plus global – un certain nombre de personnes prioritaires refusent de leur plein gré de se faire vacciner.

Conséquence: la Maison-Blanche a de fortes craintes que des doses ne viennent à expirer avant d’avoir pu être administrées. Autrement dit, certains États vont finir par gaspiller des doses alors que d’autres en manquent. Plusieurs cas – pour l’instant sporadiques – se sont d’ailleurs déjà produits. Ainsi, un hôpital californien n’a pas réussi à écouler toutes ses doses dans le timing désiré. Les réfrigérateurs sont tombés en panne, les vaccins, devenus inutilisables, ont dû être jetés.

Accès à toute la population ?

Ce mardi, les hauts responsables de la task force contre le coronavirus de la Maison-Blanche et de l’opération Warp Speed se sont réunis afin de trouver des solutions permettant d’accélérer la campagne de vaccination.

‘Si nous avons une forte augmentation du nombre de cas et de décès après les vacances de décembre et que nous n’avons pas le plan de distribution des vaccins sur la bonne voie, nous aurons de gros problèmes’, a déclaré l’un d’eux au Daily Beast.

Une des principales idées sur la table serait d’accorder aux États plus de souplesse en matière de priorisation. S’ils s’aperçoivent qu’ils ont trop de doses, ils devraient pouvoir les mettre à disposition de l’ensemble de leur population, avec le principe du ‘premier arrivé, premier servi’. Toute personne qui voudra un vaccin pourra en avoir un.

Si ces directives finissent par être effectivement appliquées par les États, ceux-ci devront s’organiser pour éviter un chaos et faire en sorte que tout soit en ordre administrativement afin de parvenir, par la suite, à convoquer en temps et en heure les vaccinés pour l’administration de leur seconde dose.

En outre, les hauts responsables fédéraux ont demandé aux États de mettre en œuvre davantage de campagnes d’information à un niveau local afin de convaincre un maximum de personnes de se faire vacciner. De son côté, la Maison-Blanche a annoncé qu’elle intensifierait ses campagnes au niveau national.