Les chiffres de la vaccination: cela reste toujours aussi douloureux pour la Belgique

Benoit Doppagne, Pool Photo via AP/Isopix

Chiffres-clés dans cette crise du coronavirus, les données de la vaccination sont douloureuses pour la Belgique. Après avoir été numéro un pendant des mois en termes de nombre de décès par rapport au nombre d’habitants – nous sommes toujours bien au-dessus, entre autres, des États-Unis, où l’approche est également loin d’être positive – nous avons maintenant les chiffres liés aux vaccins.

  • Ce 3 janvier, hier, Israël avait vacciné 12,57% de sa population.
    • Bahreïn est le deuxième meilleur pays du monde, avec 3,47%.
    • Le Royaume-Uni, annonçait au 27 décembre, la vaccination de 1,39 % de sa population.
    • Même les États-Unis avançaient un taux 1,28% de vaccination de leur population au 2 janvier. Plus d’un demi-million d’Américains sont vaccinés chaque jour.
  • Ensuite, il y a les chiffres de la Belgique, où seuls 700 personnes âgées ont été vaccinées jusqu’à présent, soit moins de 0,01% de la population. ‘Nous vaccinons à la vitesse à laquelle les vaccins sont délivrés’, a tenté de se défendre le Premier ministre De Croo sur ‘VTM Nieuws’. Pour la ministre wallonne de la Santé, Christie Moreale, ‘il s’agit d’un faux procès’, a-t-elle expliqué ce matin sur LN24. La vaccination à grande échelle ne débutera que ce 5 janvier en Belgique. 87.000 doses devraient être livrées ce lundi. ‘On vaccinera l’équivalent de 40.000 personnes cette semaine’. À titre de comparaison, Israël, certes le meilleur élève en termes de vaccination contre le Covid-19, vaccine 150.000 personnes… par jour.
  • Leurs propres conseillers, les ‘experts’, semblent présenter une autre version des faits: le vaccinologue Pierre Van Damme a surtout évoqué ce matin sur Radio 1 le fait ‘que l’on prend beaucoup de temps maintenant pour s’assurer de la qualité [de la campagne de vaccination]’.
  • ‘C’est surprenant, certaines personnes disaient il y a quelques mois que « tout allait bien trop vite » concernant le développement d’un vaccin. Et maintenant qu’il y en a un, les gens ont hâte d’être vaccinés’, a ajouté Van Damme.
  • ‘Nous débutons cette campagne par une phase de test, en apportant une grande attention à la qualité. D’ici la fin du mois, nous voulons que les 820 centres de soins résidentiels soient entièrement achevés. On apprend ce qui se passe dans d’autres pays: que se passe-t-il si un surdosage est administré, que les vaccins sont maintenus à la mauvaise température ? Nous voulons passer beaucoup de temps sur la qualité afin que tout se passe bien. Dans deux ou trois semaines, nous allons augmenter la cadence.’
  • La question est de savoir si cela suffira comme explication. Avec les calendriers envisagés par l’UE et la Belgique, il faudra des mois avant que des chiffres décents ne soient enfin atteints pour l’ensemble de la population. Tout cela alors que ça ira beaucoup plus vite ailleurs. Ce qui ouvre la porte à des mois de frustration.
  • Douloureux également: l’Agence flamande des Soins et de la Santé lance déjà une nouvelle campagne de communication. Le chanteur/présentateur Bart Peeters devrait devenir le visage et la voix pour convaincre les gens de se faire vacciner au nord du pays.
  • ‘Nous sommes convaincus que les Flamands feront le bon choix pour redémarrer la vie au plus vite’, a déclaré Joris Moonen, le porte-parole de Zorg en Gezondheid. ‘Nous aurons également une forte présence sur les réseaux sociaux’, a-t-il annoncé.
  • Mais Moonen a également dû se défendre contre la critique selon laquelle il faut trop de temps pour se mettre en route. ‘Il faut quatre jours pour maîtriser les procédures’, a-t-il expliqué sur Radio 1. ‘Ce n’est que lorsque les vaccins seront vraiment là que cela provoquera un véritable effet’, rassure-t-il.
  • Du côté francophone, pas encore de campagne de communication de grande ampleur. Mais selon une première enquête, il ressort que 83% des résidents en maison de retraite acceptent le vaccin contre le Covid-19 en Wallonie. Il sont même 92% à Bruxelles. Ceux qui refusent sont les mêmes qui refusent un vaccin contre la grippe classique.

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