3 raisons pour lesquelles l’Europe tarde à vacciner

Coronavaccin Pfizer BioNTech
Isopix

‘L’UE a opté pour la certitude et souhaite maintenir une confiance élevée en suivant correctement la procédure. Non seulement le Royaume-Uni et Israël, mais aussi la Russie et la Chine vaccinent les gens avec des vaccins qui n’ont pas les mêmes normes que ceux que nous utilisons.’ C’est ce qu’a déclaré mardi soir la vice-Première ministre fédérale Petra De Sutter (Groen).

Dire que 182.000 Italiens, 317.000 Allemands, plus d’un million de Britanniques et 1,5 million d’Israéliens, qui ont déjà été vaccinés, auraient été traités avec trop peu de soin par leur gouvernement respectif, cela pose néanmoins un problème.

Il y a trois raisons pour lesquelles l’UE décolle lentement:

1. L’Agence européenne des médicaments (EMA) prend plus de temps pour approuver les vaccins

Jusqu’à présent, l’EMA n’a approuvé qu’un seul vaccin, celui de Pfizer-BioNTech. L’EMA devrait normalement approuver un deuxième vaccin – celui de Moderna – ce 6 janvier. Le Royaume-Uni (Pfizer-BioNTech et AstraZeneca-Oxford) et les États-Unis (Pfizer-BioNTech et Moderna) ont déjà approuvé deux vaccins. Israël n’a misé que sur le vaccin Pfizer-BioNTech et a gagné.

2. L’UE a payé moins à plus de producteurs

Contrairement à Israël, l’UE a misé sur plusieurs chevaux et a passé des commandes moins importantes à un total de six producteurs. AstraZeneca-Oxford, Sanofi-GSK, Johnson & Johnson, Pfizer-BioNTech, CureVac et Moderna. Cela a eu pour effet de réduire les prix, mais aussi de rendre l’UE dépendante des délais de livraison de ces différents producteurs.

Par exemple, le vaccin Sanofi ne devrait être disponible qu’à partir de la fin de 2021. En tout cas s’il arrive un jour. La presse et certains élus allemands accusent la France d’avoir privilégié le vaccin de la firme française en limitant les achats de l’américano-allemand de Pfizer-BioNTech. Quoi qu’il en soit, l’Europe n’a pas misé sur le bon cheval, ce qui, il est vrai, est facile à dire après coup. ‘Il est difficile d’expliquer qu’un très bon vaccin soit en cours de développement en Allemagne mais qu’il soit plus rapidement utilisé ailleurs dans le monde’, déplore Markus Söder, le ministre-Président de Bavière.

Étant donné que relativement peu de commandes ont été passées à Pfizer-BioNTech – le seul vaccin approuvé à ce jour – nous devons maintenant attendre des livraisons supplémentaires.

Israël, les États-Unis et le Royaume-Uni ont payé plus cher leurs vaccins et ont également été servis plus tôt. L’UE doit maintenant également attendre que le vaccin d’Astra-Zeneca soit disponible avant que des vaccinations de masse puissent être effectuées.

3. Le défi logistique est plus important que prévu

Enfin, il y a les défis logistiques. L’UE n’était pas préparée à un déploiement massif d’un vaccin (BioNTech-Pfizer) qui doit être stocké à moins 70 degrés.

C’est aussi une conséquence du fait qu’on pensait encore que la pandémie serait maîtrisée à l’automne. Une hypothèse balayée depuis alors que plusieurs pays replongent dans un 3e confinement.

Le Royaume-Uni a lui investi principalement son argent dans le vaccin d’AstraZeneca-Oxford. Il peut être conservé à une température plus élevée. Ensuite, il y a Israël, qui a confié sa logistique aux militaires. En Allemagne, alors que les critiques contre la campagne de vaccination sont féroces, le Frankfurter Allgemeine a rapporté le week-end dernier que plusieurs Landers allemands avaient reçu suffisamment de doses. Ce sont les difficultés logistiques qui les ont empêchés de les distribuer équitablement. En France, c’est une lenteur bureaucratique qui a été pointée du doigt.

Conclusion : la véritable vaccination de masse ne se fera pas avant avril. D’ici là, la production de trois vaccins différents devra tourner à plein régime. Mais Israël et le Royaume-Uni ont une longueur d’avance. Car ils ont simplement pris des risques et ont commencé plus tôt. Mais dans cette lutte, chaque semaine compte. Il n’y a qu’à demander aux restaurateurs.

Our World In Data