Principaux renseignements
- Les producteurs d’acier européens exhortent les responsables à protéger le cadre d’échange de quotas d’émission et la taxe carbone aux frontières.
- Les leaders du secteur identifient la surproduction mondiale et les coûts élevés de l’électricité comme les principales menaces pour la compétitivité.
- Une tarification rigoureuse du carbone doit s’accompagner d’un réinvestissement des recettes afin de stimuler la modernisation industrielle.
De grands producteurs d’acier européens, tels que SSAB et Salzgitter, ont appelé les responsables de l’UE à préserver l’intégrité du système d’échange de quotas d’émission de la région et à renforcer la taxe carbone aux frontières. Dans une déclaration commune publiée mardi, ces entreprises ont fait valoir que l’affaiblissement du système d’échange de quotas d’émission de l’UE (SEQE) entraînerait une instabilité financière pour les investisseurs, désavantagerait les entreprises qui privilégient une décarbonisation rapide et entraverait la transition globale vers une énergie durable.
Solidarité sectorielle
Cette position est soutenue par plusieurs autres acteurs du secteur, notamment SHS, Dillinger, Saarstahl et Outokumpu Oyj. Leur mise en garde intervient juste avant des révisions cruciales de l’ETS 1, un système qui, selon certains détracteurs, nuit à la compétitivité européenne en faisant grimper les coûts liés au carbone.
Cependant, les sidérurgistes soutiennent que les véritables menaces pesant sur leur viabilité sont la surproduction mondiale d’acier, l’insuffisance des infrastructures et les coûts élevés de l’électricité résultant de la dépendance aux combustibles fossiles, plutôt que la tarification du carbone en soi.
Prochaines révisions réglementaires et objectifs d’émissions
La Commission européenne doit publier le 15 juillet une révision du marché du carbone, visant à aligner le SEQE sur l’objectif de réduction des émissions de 90 pour cent par rapport aux niveaux de 1990 d’ici 2040.
Afin de garantir un signal de prix cohérent, le secteur préconise de maintenir une réduction annuelle des émissions de 4,4 pour cent jusqu’en 2035 et s’oppose à toute tentative visant à augmenter l’offre de quotas d’émission.
Transition vers le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières
En outre, les producteurs soulignent la nécessité d’une transition progressive des quotas d’émission gratuits vers la mise en œuvre complète du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (CBAM). Cet outil est conçu pour protéger les industries nationales en imposant des coûts similaires aux importations en provenance de pays dont les réglementations environnementales sont moins strictes.
Le groupe a conclu qu’un SEQE performant, associé à un CBAM complet, favoriserait la modernisation et la résilience industrielles, à condition que les recettes générées soient réinvesties dans la décarbonisation des secteurs industriels concernés.
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(ns)

