L’UE protège les consommateurs contre les chocs de prix liés à l’introduction d’une nouvelle taxe carbone


Principaux renseignements

  • L’UE lancera le système ETS2 en 2028 pour taxer les combustibles utilisés pour le chauffage et les transports.
  • Une réserve de stabilité du marché injecte des quotas supplémentaires afin de limiter les flambées des prix de l’énergie.
  • Les régions vulnérables d’Europe centrale et orientale sont exposées aux risques économiques les plus importants.

Afin d’atténuer l’impact des taxes sur le carbone qui pèsent sur le chauffage et les transports, le Parlement européen et le Conseil sont parvenus à un accord. Ils renforcent un mécanisme financier destiné à prévenir les fluctuations extrêmes des coûts énergétiques. À partir de 2028, le système d’échange de quotas d’émission 2 (ETS2) obligera les fournisseurs de carburants à acheter des quotas d’émission. Toutefois, afin de protéger les consommateurs contre les hausses soudaines des prix, l’UE aura recours à une « réserve de stabilité du marché » qui délivrera des quotas d’urgence si les coûts dépassent une limite spécifique.

Maîtrise de la volatilité du marché

Cette stratégie prévoit la mise sur le marché de jusqu’à 80 millions de quotas supplémentaires par an si les prix dépassent 45 euros la tonne. Il s’agit d’une augmentation considérable par rapport aux limites précédentes. Ces quotas supplémentaires ont pour but de faire baisser le coût des droits d’émission de CO2. Cela permettra de réduire les dépenses des ménages en essence, en fioul et en gaz.

Afin de garantir une transition plus fluide et d’éviter de fortes fluctuations de prix, l’UE libérera plutôt de petites quantités de quotas. Cela se produira principalement lorsque le volume en circulation passera sous la barre des 260 millions, plutôt que d’attendre une baisse plus marquée.

Gérer les tensions politiques

Cette mesure intervient dans un contexte de tensions politiques considérables au sein de l’UE. Alors que des pays comme la Suède, la Finlande et les Pays-Bas ont insisté pour un calendrier strict, d’autres pays, dont la République tchèque et la Slovaquie, ont plaidé en faveur d’un report de la taxe jusqu’en 2030 en raison de problèmes sociaux potentiels.

En réponse aux préoccupations de 19 États membres, la Commission a modifié la réserve de stabilité afin de mieux protéger la population. Danuše Nerudová, une éminente représentante au Parlement, a déclaré que ce cadre accordait la priorité aux citoyens les plus vulnérables. Il fera l’objet d’une révision formelle d’ici octobre 2027.

Conséquences économiques régionales

La nécessité économique de ces mesures de protection est étayée par des études. Une étude publiée par ScienceDirect en 2026 suggère que l’ETS2 entraînera des hausses de prix dans tous les États membres de l’UE, les conséquences les plus graves étant susceptibles de se faire sentir en Europe centrale et orientale. Ces régions ne disposent généralement pas des infrastructures avancées d’électrification et d’efficacité énergétique que l’on trouve en Europe du Nord et de l’Ouest, ce qui les rend plus vulnérables à la hausse du coût de la vie.

Mise en œuvre future

La réserve de stabilité, initialement créée en 2015 pour gérer les excédents de quotas industriels, est désormais adaptée spécifiquement aux secteurs du bâtiment et des transports. Selon Maria Panayiotou, représentante de la présidence chypriote du Conseil de l’UE, cet ajustement offrira aux entreprises et aux citoyens une plus grande prévisibilité et réduira la volatilité du marché. L’accord attend actuellement la ratification finale du Parlement et du Conseil. (lv) (jv)

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