Principaux renseignements
- Vladimir Poutine adhère désormais explicitement au parti au pouvoir, Russie unie, afin de renforcer le soutien dont il bénéficie au niveau national.
- La frustration générale de la population ne cesse de croître, alors que les défaillances des infrastructures liées à la guerre entraînent des pénuries de carburant et d’accès à Internet.
- Les restrictions politiques empêchent la colère grandissante de la société de se transformer en manifestations actives.
Afin de renforcer son soutien national avant les prochaines élections législatives d’automne, Vladimir Poutine a abandonné sa politique de longue date consistant à rester politiquement détaché du parti au pouvoir dominant. Ce revirement stratégique intervient alors que le Kremlin tente de stabiliser sa position face à la frustration croissante de la population face au conflit en cours en Ukraine.
Tensions intérieures
La population russe est de plus en plus mise à rude épreuve par les conséquences de la guerre, notamment les coupures récurrentes d’Internet et la pénurie de carburant causées par les frappes aériennes ukrainiennes sur les infrastructures énergétiques.
Bien que Poutine ait reconnu que ces frappes ont engendré des difficultés, il reste inébranlable dans sa volonté d’atteindre ses objectifs principaux, malgré de lourdes pertes humaines et des avancées territoriales minimes.
« Russie unie »
Les élections de septembre sont considérées comme un indicateur crucial de l’humeur de la population, même dans un environnement politique fortement restreint. Des données récentes suggèrent un recul de popularité ; la cote de popularité du parti « Russie unie » est tombée à environ 35 pour cent, et celle de Poutine a atteint son niveau le plus bas depuis le début de l’invasion de 2022. Bien qu’un sondage pro-Kremlin affirme qu’il conserve 69 pour cent de soutien, ces chiffres sont contestés compte tenu des risques juridiques importants liés à l’expression de l’opposition.
Afin de contrer cette instabilité, Poutine a récemment joué un rôle central lors du congrès annuel du parti, apparaissant sur des supports promotionnels qui présentent « Russie unie » comme le « parti du président ». Cependant, les observateurs suggèrent que les défaillances systémiques en matière d’énergie et de connectivité sapent le moral de la population. L’expert politique Andreï Kolesnikov a noté chez Financial Times que, si la lassitude a cédé la place à la colère, l’absence de voies légales pour manifester empêche ce sentiment de se traduire en actions concrètes.
Les experts sont divisés
Les détracteurs voient dans cet alignement un signe du déphasage du président par rapport à la réalité. Le commentateur Ivan Filippov a fait valoir que lier Poutine à un parti en difficulté et impopulaire est une décision déconcertante, compte tenu de la situation désastreuse sur le front militaire et de l’économie nationale. À l’inverse, Mikhaïl Vinogradov suggère que l’objectif du Kremlin est simplement de surmonter la vague actuelle de troubles sociaux, en minimisant la gravité de la crise dans l’espoir que le statu quo antérieur soit finalement rétabli. (fc)
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