Les avantages et les inconvénients d’une connexion internet par satellite

Image d’illustration (Isopix)

Starlink, OneWeb, Amazon ou encore Télésat, de plus en plus d’entreprises veulent créer leur propre réseau internet par satellite. Le projet d’Elon Musk (Starlink) est déjà testé par un millier d’utilisateurs, tandis que les autres entreprises se lancent seulement dans cette expérience. Mais cette multiplication des réseaux a de gros inconvénients auxquels les entreprises ne semblent pas avoir pensé.

Les réseaux internet par satellite disposent d’énormes avantages. Ils permettent aux personnes habitant dans des régions rurales d’obtenir une connexion, même là où les réseaux terrestres ne peuvent pas passer. C’est notamment le cas de Luke McOmie, qui vit dans les montagnes du Colorado et qui grâce à Starlink peut enfin avoir une connexion internet correcte. La parabole sur son toit lui donne accès à une vitesse de téléchargement de 120 mégabits par seconde, selon le Wall Street Journal, et ce même dans les conditions hivernales les plus difficiles.

Ces réseaux satellites sont un grand pas vers un internet beaucoup plus accessible. Ils pourraient réduire la fracture numérique que connaissent les populations les plus reculées.

Des problèmes croissants

Aujourd’hui, un seul réseau internet par satellite est accessible au grand public : celui de Starlink, l’entreprise fondée par Elon Musk. 2.000 satellites ont été lancés, mais on est encore loin des 12.000 prévus par la société. Un millier de foyers, répartis entre le Canada, les États-Unis et une partie de l’Europe, ont toutefois déjà accès à internet grâce à la version bêta de Starlink.

Pour l’instant, les satellites sont encore loin de couvrir toute la Terre. La raison: ils sont envoyés sur une ‘orbite terrestre basse’ pour permettre de limiter le temps de latence dans l’envoi des données entre le satellite et la parabole. Mais de ce fait, il couvre une surface moins grande que les satellites placés sur des orbites bien plus hautes.

Et cette si basse orbite va poser de plus en plus de problèmes à mesure que des entreprises vont envoyer des satellites dessus. D’une part, cette région spatiale va être de plus en plus encombrée. Il pourrait très vite ne plus y avoir beaucoup de places. Les premiers à lancer leurs satellites seront les grands gagnants, les entreprises plus lentes pourraient ne pas réaliser entièrement leur projet faute… d’espace.

La société britannique OneWeb a envoyé 110 satellites sur les 648 prévus. Amazon, avec son projet Kuiper, devrait en lancer 1.600 d’ici 2026. Télésat, qui possède déjà des satellites pour les chaines télévisées sur de plus hautes orbites, projette d’en ajouter 298, mais sur basse orbite. La zone risque très vite d’être encombrée, d’autant plus qu’il faudra laisser de l’espace pour que les fusées puissent atteindre l’ISS, la Lune, Mars ou encore bien d’autres régions inexplorées de notre galaxie.

Blue Origin, l’entreprise de Jeff Bezos, a d’ailleurs déjà accusé Starlink de vouloir s’accaparer l’espace. Elon Musk aurait en effet déjà demandé à pouvoir envoyer ses satellites sur une orbite encore plus basse. Mais il s’agit de la bande demandée par Jeff Bezos. La guerre satellitaire semble déjà déclarée.

La pollution

Tous ces satellites posent également un autre problème : celui des déchets spatiaux. Il n’existe pour l’instant pas de solution pour récupérer les satellites qui sont hors d’usage. Ils finissent donc par errer dans l’espace en attendant qu’un jour, peut-être, on vienne les récupérer. Les réseaux internet par satellite vont donc venir encore augmenter le nombre de déchets dans l’espace, encombrant ainsi encore plus l’accès à l’espace. Car si l’orbite terrestre basse est totalement encombrée, les fusées ne pourront plus accéder à l’ISS, la Lune, Mars ou d’autres régions inexplorées de notre galaxie.

C’est pour cette raison qu’Elon Musk veut envoyer ses prochains satellites sur une orbite plus basse. Il espère pouvoir les faire revenir sur Terre grâce à l’attraction terrestre. Mais c’est actuellement la seule proposition des firmes voulant créer des réseaux internet satellitaires pour lutter contre la pollution spatiale.

Le prix

Actuellement, une connexion au réseau Starlink coûte 499 dollars pour le kit de base, puis 99 dollars par mois. Selon Chris Quilty, qui analyse l’industrie spatiale d’un point de vue financier, ce prix n’est clairement pas suffisant pour couvrir les 2.000 à 2.500 dollars que coûtent les antennes au sol. La viabilité de ces entreprises, même si elles bénéficient de subsides publics, n’est pour l’instant pas possible. Il leur faudra absolument baisser le coût des installations.

En outre, si aujourd’hui, le prix est correct pour la rapidité de la connexion, il n’est pas dit que lorsque toutes les personnes qui le veulent auront accès au réseau, la connexion sera toujours aussi rapide. L’intérêt de l’internet par satellite pourrait donc s’essouffler plus rapidement que prévu, surtout dans les régions où une connexion terrestre reste facilement accessible. Les régions éloignées seraient alors les seules à payer le lourd prix de ces projets faramineux.

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