‘Les Américains qui refusent un job perdront leurs allocations de chômage’: la Bidenmania a ses limites

Joe Biden a mis les points sur les i. (Chris Kleponis / Pool via CNP)

Depuis plusieurs semaines, les différentes annonces de Joe Biden au sujet de son plan de relance pour l’économie américaine (et des taxes sur les ultra-riches pour le financer) suscitent l’enthousiasme auprès de la gauche européenne. Mais les États-Unis restent les États-Unis.. Le président américains a tenu à faire preuve de fermeté: il n’y aura pas de cadeaux.

Publié la semaine dernière, le rapport d’avril sur l’emploi aux Etats-Unis s’est avéré peu flatteur. Par rapport à ce qui avait été prévu par l’administration, on est loin du compte: 266.000 emplois créés contre environ 1 million de prévus. Les employeurs ont indiqué qu’ils avaient du mal à trouver des travailleurs.

Un élément dont n’ont pas manqué de s’emparer les républicains pour critiquer la politique de Joe Biden. D’après eux, si les Américains ne se mettent pas au travail, c’est parce qu’ils profitent des aides apportées par la nouvelle administration dans le cadre du plan de relance post-coronavirus. L’allocation de chômage relevée à 300 euros par semaine et prolongée jusqu’en septembre y serait pour quelque chose.

Biden prévient

Dans une déclaration lundi, le président Biden a tenu à répondre aux critiques de ses détracteurs. D’après lui, il n’y a ‘pas beaucoup de preuves’ que l’allocation de chômage dissuadait les gens d’accepter un emploi. ‘Les Américains veulent travailler’, a-t-il assuré.

Malgré cette remarque, Joe Biden a tout de même tenu à prévenir les Américains qui compteraient effectivement se reposer sur ces aides. ‘Nous allons le dire clairement: toute personne percevant des allocations de chômage, à qui on a proposé un emploi convenable, doit accepter cet emploi ou perdre ses allocations de chômage’, a-t-il déclaré.

Le président a ensuite expliqué que c’étaient aux employeurs qui ont accepté une aide fédérale de tout mettre en œuvre pour proposer des offres attractives. ‘Je m’attends à ce qu’au fur et à mesure du retour de notre économie, ces entreprises offrent des salaires équitables et des environnements de travail sûrs (par rapport au Covid, ndlr). Et si elles le font, elles trouveront beaucoup de travailleurs’, a-t-il assuré.

Tacle à Trump et confirmation de la trajectoire à suivre

En parallèle de ces considérations, Biden a tenu à minimiser la lenteur de la reprise, affirmant que l’économie allait ‘dans la bonne direction’. Il a imputé la responsabilité de l’état léthargique de l’économie nationale à son prédécesseur, Donald Trump. Selon lui, l’administration précédente a ‘bâclé la réponse à la crise du coronavirus et ses retombées’.

Biden en a aussi profité pour expliquer en quoi d’autres mesures décidées par son administration allaient être efficaces. Parmi celles-ci, il a souligné l’importance de l’augmentation de la capacité de garde d’enfants. Assortie à la réouverture progressive des écoles, elle devrait contribuer à atténuer les problèmes d’embauche, a-t-il expliqué. Davantage de parents pourront ainsi accepter un emploi sans devoir se plier en quatre pour trouver quelqu’un pour s’occuper de leurs progénitures.

Le président américain a également utilisé ces chiffres pour insister sur l’importance de la bonne poursuite de la campagne de vaccination.

Une fiche d’information de la Maison Blanche a été publiée lundi. Elle permet de préciser les propos de Biden. ‘Les travailleurs ne peuvent pas refuser un emploi en raison d’une préoccupation générale et non spécifique concernant le COVID-19 et continuer à recevoir des prestations’. Cela signifie notamment que les personnes pourraient refuser une offre et continuer à recevoir des allocations de chômage si elles ont un enfant à la maison qui ne peut pas aller à l’école à cause du virus, ou si un employeur ne respecte pas les normes sanitaires fédérales ou étatiques.

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