Les actions technologiques ne reviendront pas au sommet de 2021, même si la Fed ralentit ses hausses d’intérêt

L’ère pandémique a été particulièrement bénéfique pour les entreprises technologiques. Certaines ont d’ailleurs enregistré des bénéfices records. Mais le retour à la vie normale n’a pas eu les effets escomptés et beaucoup ont vu leurs actions s’écrouler.

Pourquoi est-ce important ?

L'année 2022 s'est révélée chaotique pour le secteur de la tech. De nombreuses entreprises ont, en effet, vu leurs revenus fondre, alors qu'elles baissaient leurs perspectives sur le court terme, n'hésitant pas à procéder à des licenciements de masse pour sauver les meubles. Une tendance à la baisse qui faisait suite à deux ans très positifs. En 2022, le secteur a ainsi perdu 7.400 milliards de sa valeur et 130.000 personnes ont été licenciées.

Dans l’actu : après une année difficile, 2023 pourrait s’avérer bénéfique pour les entreprises technologiques, sans pour autant leur permettre de se rapprocher à nouveau des sommets atteints en 2021.

  • Une reprise de l’économie, associée à une baisse des taux d’intérêt par la Fed sont envisageables pour 2023. De quoi permettre au secteur de la tech de renouer avec un marché haussier.
  • Cependant, se rapprocher à nouveau des sommets atteints en 2021 sera presque impossible. L’assèchement des liquidités et le déclin de l’enthousiasme des investisseurs vont en effet forcément entraver le regain du secteur, estiment des experts.

Le détail : le stratège en chef des investissements chez Ned Davis Research, Tim Hayes, s’attend à ce que le Nasdaq se redresse en douceur en 2023, après avoir plongé de 27 % cette année.

  • Le Nasdaq devrait augmenter entre 10 et 15 % au cours de l’année à venir, portant l’indice autour de la barre de 12.000 – soit un niveau bien inférieur au sommet historique de 16.000 enregistré il y a un an.
  • « Je ne m’attendrai pas à un retour à la surspéculation. La prudence des investisseurs devrait être plus grande suite à toutes les pertes subies en raison de l’exposition à la technologie pendant la baisse du marché », a-t-il déclaré à Business Insider.
  • Le secteur pourrait à un nouveau connaitre un marché haussier, mais ce dernier ne sera pas suffisant pour atteindre des sommets.

« Ces actions vont continuer à augmenter pour toujours »

  • Le secteur des technologies est « devenu de plus en plus surévalué et il y a eu une complaisance et un optimisme excessifs alors que les actions continuaient de faire grimper le marché », a ajouté Hayes. « C’était presque plus une hypothèse : ces actions vont juste continuer à monter pour toujours ».
  • Un fantasme qui s’est brutalement brisé en 2022.
    • L’inflation généralisée a pesé sur les finances des entreprises, directement ou indirectement. Car la hausse généralisée des prix a refroidi les investisseurs qui se sont montrés plus frileux à l’idée d’investir. D’autant plus que la Fed a relevé à plusieurs reprises les taux d’intérêt et que la puissance du dollar n’a cessé de grimper.
    • Mais des erreurs propres au secteur ont également joué dans la balance.

La tech regretterait presque la pandémie

Les bienfaits de la pandémie : alors que les consommateurs étaient bloqués chez eux, la demande pour les appareils de divertissement et de télétravail (PC, tablette, console de jeux, etc.) a grimpé, de même que la fréquentation des réseaux sociaux.

  • Pour répondre à cette demande en hausse, les entreprises ont engagé à tour de bras, occultant les conséquences d’un retour à la vie normale.

Dur retour à la réalité : la spéculation positive sur le marché a provoqué une certainement complaisance parmi les entreprises technologiques elles-mêmes, selon Bill Maurer, anthropologue et expert en technologie et finance à l’UC.

  • Elles se sont satisfaites de la demande en hausse et ont négligé l’innovation dans une certaine mesure.
    • « Il y a un nouvel iPhone, mais que fait-il ? Pas très différent de l’ancien, n’est-ce pas ? Il y a donc eu une sorte de stagnation créative dans l’industrie, et bien sûr beaucoup de gros échecs », a déclaré Maurer.
  • Dans le cas de Meta, c’est en partie le contraire qui s’est passé. L’entreprise Mark Zuckerberg a été trop visionnaire en faisant du métavers son nouveau cheval de bataille, alors que la société – de même que la technologie nécessaire – n’est pas encore prête pour cela.
  • C’est encore différent pour Tesla, car si les actions de l’entreprise ont plongé de 65 %, c’est en partie à cause des perturbations économiques mondiales, mais surtout en raison du rachat de Twitter par son PDG. Elon Musk délaisse Tesla pour « remettre sur pied » le réseau social.

Comment relancer la machine ?

  • La complaisance en matière d’innovation doit changer. De cette manière, l’industrie continuera de progresser et donc, d’attirer les investisseurs, estime Maurer.
  • Un changement de leadership pourrait être nécessaire pour relancer la machine. Beaucoup d’entreprises technologiques sont vulnérables à l’orgueil de leur milliardaire de patron et à leurs projets excentriques.
  • « La technologie est toujours dans ce mode de grand homme charismatique, dont les vicissitudes et les caprices surdéterminants l’entreprise. Cela doit changer », a déclaré l’anthropologue et expert en technologie et finance à l’UC.

On sait que certains ne seraient pas contre le départ de Mark Zuckerberg à la tête de Meta, mais qu’en est-il pour les autres géants de la tech ? Difficile d’imaginer que Musk puisse faire un pas de côté, sa personne a une trop grande influence sur les actions de ses entreprises. Quant à Tim Cook, au cours des dernières années, il a élargi le cap d’Apple avec brio. Il a certainement encore de belles années devant lui à la tête de la firme de Cupertino.

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