2022, une année funeste pour la tech : le secteur a perdu 7.400 milliards de dollars en un an

Alors que 2021 se terminait en beauté pour les entreprises technologiques, avec un Nasdaq au sommet, la fin d’année 2022 se révèle beaucoup plus sombre. En un an, le secteur a fortement chuté.

Pourquoi est-ce important ?

L’inflation mondiale, mais surtout la hausse des taux d’intérêt, n’épargnent pas le secteur de la tech. La plupart des entreprises technologiques ont vu leurs bénéfices diminuer, contrairement à leurs coûts. À cela s’ajoutent des perspectives plutôt pessimistes, renforçant la tendance à la baisse de l'ensemble de leurs actions à la bourse.

Dans l’actu : c’est pire qu’on ne le pensait, l’industrie de la tech a perdu plus de 7.400 milliards de dollars en un an.

Les chiffres :

  • Au cours des 12 derniers mois, Microsoft a perdu environ 700 milliards de dollars de capitalisation boursière. En novembre 2021, le géant américain pesait pas moins de 2.500 milliards de dollars, contre 1.800 milliards aujourd’hui.
  • Il y a un an, Meta se dirigeait tout doucement vers le billion avec 922 milliards de dollars de capitalisation boursière. Aujourd’hui, l’empire de Mark Zuckerberg ne vaut plus que 295 milliards, soit une baisse de près de 70 %.
  • De son côté, Alphabet (Google) a fondu de 33 %, passant de 2 billions à 1,26 billion de valeurs boursières.
  • Amazon a décroché le titre de la première entreprise à perdre 1.000 milliards de dollars de capitalisation boursière en un an.
  • On peut également citer le cas de Rivian, constructeur de voitures électriques, sur lequel Amazon a d’ailleurs misé ses jetons. Introduit en bourse fin 2021, Rivian a perdu plus de 75  % de sa valeur marchande, passant de 147 milliards à 27 milliards de dollars. Une véritable hécatombe pour le secteur.

Un contexte favorable en 2021

La chute de l’industrie de la tech est d’autant plus brutale que 2021 s’était terminée en beauté pour elle. L’année dernière s’est en effet révélée particulièrement positive pour les entreprises technologiques.

  • La plupart ont enregistré des résultats trimestriels positifs, avec parfois des bénéfices records.
  • L’année a aussi été marquée par un nombre record d’introductions en bourse.
  • Les embauches étaient en plein essor, aidées par deux ans de pandémie particulièrement bénéfiques pour le secteur.

Une année 2022 beaucoup moins bénéfique

Si elles sont parvenues à tirer profit d’une situation difficile l’année dernière, ce n’est pas le cas cette fois-ci. Les entreprises tech souffrent, elles aussi, des perturbations économiques mondiales.

  • Les différentes hausses des taux d’intérêt instaurés par la Réserve fédérale américaine pour contrer l’inflation ont étouffé l’accès facile à des capitaux, alors que l’augmentation des prix a fait chuter les perspectives de bénéfices futurs.
  • Un contexte qui a poussé les entreprises à revoir à la baisse leurs dépenses et coûts, gelant les embauchent et licenciant à tour de bras.
  • Les introductions en bourse ont été plus que ralenties par rapport aux records enregistrés en 2020 et 2021, années où le secteur a profité de l’engouement pour le télétravail et le divertissement à domicile, en raison des confinements. Cette année, les États-Unis en ont comptabilisé 173 contre 961 en 2021.

Des rêves brisés

  • Si le contexte économique tient une importante responsabilité dans la chute du secteur, la stratégie adoptée par les dirigeants des Big Tech est également à pointer du doigt.
  • Boostés par les 2 ans de pandémie particulièrement bénéfiques pour leurs affaires, ces derniers ont embauché énormément de personnels et investi des sommes folles dans le but de poursuivre leur développement et de pouvoir répondre à la demande. Sauf que – heureusement pour nous –, les choses sont revenues à la normale, de sorte que la demande pour les services en ligne a chuté.
  • De quoi rendre superflus de nombreux employés. C’est ainsi que les dernières semaines ont été marquées par des licenciements massifs – plus de 130.000 têtes –  au sein des entreprises du secteur de la tech.

Et après ? Les prochains mois devraient être tout aussi difficiles pour l’industrie technologique. Paradoxalement, seule une détérioration de l’économie mondiale qui entrainerait une baisse de l’inflation et donc des taux d’intérêt lui permettrait de sortir la tête hors de l’eau, favorisant de nouveaux investissements notamment, avec la baisse des taux d’intérêt.

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