L’énergie renouvelable a couvert près de 30% de l’électricité sur un mois aux États-Unis – un record. Une heureuse nouvelle qui en éclipse une plus sombre

La part des énergies renouvelables dans le parc énergétique augmente rapidement, établissant record sur record. Mais les opérateurs du réseau s’alarment : la transition peut être trop rapide et mener à des risques de blackouts.

Un record après l’autre. En mars, rien que l’éolien et le solaire avaient fourni 18% de l’électricité des Etats-Unis, et en avril, cette part a de nouveau été dépassée, pour atteindre 20%. C’est ce qui ressort des données du think tank Ember. En avril, de forts vents ont notamment fait tourner les éoliennes du Texas à travers le pays jusqu’à la frontière canadienne, ajoute le média Electrek. L’énergie éolienne a produit 46,1 térawatts-heures (TWh) et le solaire 16,3, sur le mois.

Pour la quantité d’énergie éolienne produite, il s’agit d’un record historique également. Il pousse ainsi le total d’énergie verte produite vers un autre record : sur le mois d’avril, vent, soleil, eau (22,5 TWh), biomasse (4,2 TWh), et « autres » ont produit, ensemble, 29% de l’électricité des Etats-Unis. L’eau et le soleil, quant à eux, ont déjà connu de meilleurs mois.

En 2015, le soleil et l’éolien ne représentaient que 5,7% (1% et 4,7%) de l’électricité produite, soit 229.8 TWh. En 2021, la production avait plus que doublé, pour atteindre 543,5 TWh, ce qui représente 13% (3,9% et 9,1%) de la production totale. La part de ces deux énergies augmente considérablement ces dernières années. L’hydroélectricité est présente depuis plus longtemps déjà : avec environ 250 à 300 TWh produits tous les ans, depuis les années 2000. L’eau (représentant environ 6%) incluse, la part de l’énergie renouvelable atteint alors 11,7% en 2015 et 19,1% en 2021. Pour 2022, la part va encore augmenter, comme les nouvelles installations d’éoliennes et de panneaux solaires ne cessent d’augmenter.

Pénuries

La prolifération de l’éolien et du solaire ne va cependant pas sans accroc. Elle pourrait mener à des pénuries d’électricité cette année. C’est que les Etats-Unis se débarrassent, petit à petit, de leurs centrales à charbon et au gaz (représentant un peu moins de 60% de la production en 2021, contre plus de 65% en 2015, selon les données d’Ember).

Dans ce changement, les opérateurs du réseau craignent que l’énergie renouvelable, intermittente, ne réponde pas encore assez à la demande. Les installations d’énergie renouvelable restent exposées aux conditions météorologiques et climatiques, comme les sécheresses, les ciels couverts ou les manques de vents, et l’approvisionnement en devient intermittent. Surtout lors de vagues de chaleur ou de feux de forêt, s’alarment les opérateurs, le réseau sera mis à mal. Il y a deux ans, les Californiens avaient déjà dû faire face à de telles pénuries.

D’un autre côté, en continuant les émissions de gaz à effet de serre (où la combustion de ressources fossiles pour la production d’énergie occupe une grande partie), les conditions qui gênent la production d’énergie verte vont continuer à s’aggraver. A terme, les énergies renouvelables sont censées remplacer les ressources fossiles, mais les principaux obstacles sont pour l’heure le stockage (pour faire face aux intermittences) et la disponibilité des métaux spécifiques.

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