JPMorgan : « Un ‘super El Niño’ et la hausse des prix de l’énergie risquent de faire grimper l’inflation mondiale »


Principaux renseignements

  • Un « super » El Niño, combiné à la hausse des coûts de l’énergie, pourrait faire grimper l’inflation mondiale.
  • Les pays en développement sont les plus exposés en raison de leur dépendance à l’agriculture.
  • Les importantes réserves de céréales constituent pour l’instant un rempart essentiel contre d’éventuels chocs sur les prix.

Les économistes de JPMorgan préviennent qu’une combinaison puissante entre un El Niño qui s’intensifie et la hausse des prix de l’énergie pourrait faire grimper l’inflation mondiale de 0,3 point de pourcentage au cours de l’année à venir. Des analyses montrent qu’il y a de fortes chances – environ 81 pour cent – que ce phénomène météorologique se transforme en un « super » El Niño d’ici la fin de l’année. Ces conditions persisteraient presque certainement jusqu’à une date avancée de l’année suivante. C’est ce que rapporte Reuters.

Un tel événement extrême serait l’un des plus graves de l’histoire récente, menaçant de déstabiliser les réseaux d’approvisionnement internationaux et la production agricole.

Interaction entre les conditions météorologiques et les coûts énergétiques

JPMorgan estime qu’un « super El Niño » pourrait, à lui seul, faire grimper l’inflation alimentaire mondiale d’environ 0,7 point de pourcentage à son pic. Cet effet se manifeste généralement quatre à huit mois après le début du changement climatique.

Toutefois, cet impact pourrait presque doubler, atteignant entre 1,3 et 1,5 point de pourcentage, s’il s’accompagnait de flambées des prix de l’énergie déclenchées par le conflit en Iran, qui augmentent les coûts des emballages, des engrais et du diesel. Cette synergie pourrait entraîner une inflation alimentaire de 5 pour cent en glissement annuel au premier semestre 2027, ce qui ferait grimper l’inflation globale de 0,6 point de pourcentage et retarderait la baisse prévue de l’inflation pour cette année-là.

Vulnérabilités régionales

Les pays en développement, notamment en Amérique latine et en Asie, sont les plus exposés. Leurs économies dépendent davantage de l’agriculture et les dépenses alimentaires y représentent une part plus importante du budget des ménages.

Des pays tels que la Colombie, le Brésil, l’Indonésie et l’Inde sont identifiés comme étant exposés à un risque significatif, tout comme la Corée du Sud et Taïwan. Les économies développées d’Europe devraient subir des conséquences moins directes de ce phénomène climatique. Dans ces pays, ce sont surtout la hausse des prix de l’énergie qui ferait grimper le coût des denrées alimentaires.

Résilience face à d’éventuels chocs

Malgré ces avertissements, JPMorgan affirme que l’économie mondiale est mieux armée pour faire face à un nouvel El Niño que lors des épisodes précédents. Cette stabilité est attribuée à des réserves mondiales de céréales suffisantes, à des stocks de riz satisfaisants dans toute l’Asie et à un niveau de départ relativement bas de l’inflation alimentaire.

Néanmoins, la combinaison d’un phénomène climatique puissant et de hausses persistantes des prix de l’énergie pourrait provoquer un choc considérable sur les coûts alimentaires, ce qui risquerait d’aggraver les disparités économiques entre les différentes régions du monde. (lv)

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