Le changement climatique menace les ingrédients utilisés dans la fabrication de la bière en Allemagne et en Autriche


Principaux renseignements

  • Le changement climatique menace la production mondiale de bière en raison de sécheresses sévères et de mauvaises récoltes.
  • Les agriculteurs investissent des millions dans des systèmes d’irrigation pour garantir leur approvisionnement en eau.
  • L’orge d’hiver offre une alternative résistante aux céréales de printemps soumises au stress thermique.

Le changement climatique menace la production d’ingrédients essentiels à la fabrication de la bière. La chaleur extrême et la pénurie d’eau touchent les champs de houblon et d’orge en Allemagne et en Autriche. Dans la région autrichienne du Mühlviertel, les agriculteurs font état de lourdes pertes. Certaines plantes ont été entièrement détruites. Les cônes de houblon ayant survécu à la sécheresse sont jusqu’à deux fois plus petits que la normale. La Bavière, une région importante pour la culture du houblon, est également confrontée à une sécheresse prolongée. Celle-ci freine non seulement la croissance des plantes, mais augmente également leur vulnérabilité face aux ravageurs tels que les tétranyques.

Risques à long terme pour l’approvisionnement

Pour l’Oktoberfest, il n’y a pour le moment pas de pénurie de bière. Les perspectives à long terme pour les brasseries restent toutefois préoccupantes. Le houblon constitue une matière première importante pour la bière et détermine son amertume ainsi qu’une grande partie de son arôme. Les stocks existants et les contrats à long terme peuvent limiter à court terme les conséquences d’une mauvaise récolte.

L’ampleur des effets de la récolte de cette année sur les prix et la production reste incertaine. Outre la récolte, les stocks existants, les contrats à long terme et l’évolution des superficies cultivées jouent également un rôle. Le secteur doit donc s’adapter de plus en plus à des conditions plus sèches.

Investir dans les infrastructures hydrauliques

Pour faire face à ces changements, les producteurs investissent massivement dans la gestion de l’eau. Dans le Mühlviertel autrichien, des systèmes d’irrigation sont désormais installés sur environ 20 pour cent des surfaces consacrées au houblon. Avec l’augmentation des sécheresses, ces besoins pourraient encore s’accroître.

De grands projets d’irrigation sont également prévus en Bavière. Dans le Spalter Hügelland, un système doit pomper de l’eau provenant d’une source de filtration riveraine située sur la rivière Fränkische Rezat vers un nouveau bassin de stockage. Celui-ci permettra d’irriguer environ 400 hectares de champs de houblon pendant les mois secs. Le coût du projet est estimé à 20 millions d’euros maximum. Environ la moitié devrait être financée par le Land de Bavière. Les agriculteurs concernés devront financer le reste.

Dans la Hallertau, la plus grande région productrice de houblon d’Allemagne, des travaux sont également menés pour garantir un approvisionnement durable en eau. L’association locale d’irrigation regroupe 461 exploitations agricoles représentant environ 12 000 hectares. La Bavière soutient la planification de nouvelles infrastructures d’irrigation à hauteur de 9,5 millions d’euros.

L’irrigation supplémentaire ne suffira toutefois probablement pas à elle seule. Le secteur cherche donc également d’autres solutions aux conséquences de la sécheresse.

Adaptation des variétés de céréales

Les agriculteurs et les brasseries recherchent également des alternatives à l’orge de printemps. En moyenne, environ 60 à 75 grammes d’orge de printemps sont nécessaires pour produire un demi-litre de bière. Cette variété éprouve justement de plus en plus de difficultés face à l’augmentation des sécheresses.

Une brasserie de Potsdam expérimente donc l’orge d’hiver dans l’Uckermark. Sur une parcelle expérimentale de deux hectares, des chercheurs étudient si cette variété convient à la culture et au processus de brassage.

La principale différence réside dans la période des semis. L’orge d’hiver est semée en octobre et profite ainsi de l’humidité présente en automne et au début de l’hiver. En janvier, la plante est généralement déjà verte et dispose d’une avance importante dans son développement.

L’orge de printemps se développe en grande partie pendant les mois de printemps et d’été, de plus en plus secs. L’orge d’hiver peut donc mieux profiter de l’humidité présente pendant les saisons plus fraîches.

Suivi scientifique et recherche

L’expérience menée avec l’orge d’hiver est suivie dans le cadre du projet Terrathesis de la Filmuniversität Babelsberg. Ce projet est financé par la VolkswagenStiftung et étudie les conséquences concrètes du changement climatique dans le Brandebourg.

Le projet rapproche la recherche scientifique, l’agriculture et le secteur brassicole. Les chercheurs souhaitent ainsi déterminer ce qu’un climat plus chaud et plus sec signifie pour les industries locales. Le projet se poursuit jusqu’à la fin de 2029. (zvm)

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