Principaux renseignements
- La Corée du Sud remplace son approche « la dénucléarisation d’abord » par un cadre ‘la paix d’abord’.
- Cette stratégie privilégie le gel des avancées nucléaires plutôt que le désarmement total immédiat afin de relancer le dialogue.
- De nouvelles politiques sociales visent à déstigmatiser les Nord-Coréens en supprimant le terme ‘transfuge’.
Le gouvernement sud-coréen modifie en profondeur sa stratégie diplomatique à l’égard de la Corée du Nord en s’éloignant de l’exigence selon laquelle Pyongyang doit éliminer complètement son arsenal nucléaire avant que les négociations de paix puissent commencer. Le ministre de l’Unification, Chung Dong Young, a annoncé cette transition vers un cadre ‘la paix d’abord’, marquant ainsi une rupture avec les politiques rigides de ‘dénucléarisation d’abord’ qui ont caractérisé les administrations précédentes. C’est ce que rapporte The Independent.
Sortir de l’impasse diplomatique
Historiquement, Séoul a toujours affirmé que la normalisation dépendait de l’abandon du programme nucléaire nord-coréen. Cependant, le ministre Chung souligne que cette condition n’a pas fonctionné. En effet, elle a provoqué une impasse diplomatique de sept ans. Pour dépasser cette situation, la nouvelle approche propose une autre stratégie. Elle demande seulement à la Corée du Nord de suspendre ses progrès nucléaires au début du dialogue. Ainsi, elle évite d’exiger un désarmement immédiat et complet.
S’adapter aux réalités nucléaires
Ce changement s’explique par le fait que les capacités nucléaires de la Corée du Nord se sont considérablement développées, certains rapports estimant son arsenal à 60 ogives et à des matières suffisantes pour en produire 90. M. Chung a fait remarquer que même des puissances mondiales comme la Chine et les États-Unis se sont éloignées de l’ancienne doctrine, arguant qu’insister sur une dénucléarisation totale dès le début des négociations revient à fermer la porte à la diplomatie.
Une nouvelle vision de la coexistence
Le président Lee Jae Myung aurait coordonné cette stratégie de ‘gel préalable’ avec le président américain Donald Trump. Cette nouvelle orientation s’inscrit dans une vision plus large intitulée ‘Politique de coexistence pacifique sur la péninsule coréenne’, qui envisage deux nations pacifiques œuvrant en vue d’une unification à terme. Cela s’oppose directement à la description actuelle que fait Kim Jong Un des deux pays, qu’il qualifie d’’États hostiles’.
Évolution des perceptions sociales
Au-delà des questions de sécurité et de diplomatie, le ministère de la Réunification cherche à faire évoluer la perception sociale des Nord-Coréens vivant au Sud. Le ministre Chung a appelé à un changement de terminologie, demandant aux médias de remplacer le terme ‘transfuge’ (talbukmin) par ‘personnes originaires du Nord’ (bukhyangmin). Il soutient que le mot ‘transfuge’ véhicule une connotation négative qui entrave la réussite de l’intégration de ces personnes dans la société sud-coréenne.
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