Principaux renseignements
- Les États membres de l’UE ont ignoré la grande majorité des fonds alloués au programme REPowerEU.
- La baisse des importations d’énergie russe résulte davantage d’une météo clémente que d’un succès stratégique.
- L’apathie politique menace l’échéance cruciale de 2027 pour l’interdiction du GNL russe.
La Cour des comptes européenne (CCE) a lancé un avertissement selon lequel les efforts de l’Union européenne visant à mettre fin à la dépendance vis-à-vis des sources d’énergie russes sont largement inefficaces. Malgré la disponibilité de financements substantiels, de nombreux États membres semblent réticents à poursuivre une véritable autonomie énergétique.
Déficits de financement dans le cadre de REPowerEU
Il existe un écart significatif entre les financements promis et les dépenses réelles dans le cadre de l’initiative REPowerEU. Sur les 300 milliards d’euros alloués il y a quatre ans pour opérer la transition hors des combustibles fossiles russes, seuls 54,3 milliards d’euros ont été utilisés.
Mihails Kozlovs, le responsable de la Cour des comptes européenne chargé du rapport, a noté que le programme était pratiquement au point mort malgré les ressources financières massives mises à disposition. À l’origine, cette initiative visait à diversifier les sources d’énergie, à renforcer l’interconnexion transfrontalière des réseaux électriques et à remplacer les combustibles fossiles par des alternatives durables.
Hivers doux
Alors que le volume global de pétrole et de gaz russes entrant dans l’UE a considérablement baissé depuis 2021 — passant de plus de 153 milliards de mètres cubes à environ 38 milliards —, la Cour des comptes européenne (CCE) estime que ce recul n’est pas dû au succès de REPowerEU.
Cette baisse résulte plutôt d’une diminution de la demande provoquée par le coût élevé de l’énergie et par une série inhabituelle d’hivers doux.
L’exception belge
La Belgique constitue une exception notable à cette tendance à la baisse, ses importations d’énergie russe ayant en réalité augmenté. Après avoir atteint un pic en 2023, les importations belges sont restées plus élevées en 2024 qu’en 2021.
De plus, les perturbations de la chaîne d’approvisionnement causées par le conflit en Iran ont conduit la Belgique à dépendre exclusivement du gaz naturel liquéfié (GNL) russe jusqu’en juillet 2026, dont une grande partie est ensuite redistribuée à d’autres pays voisins de l’UE.
Date limite : 2027
La Cour des comptes européenne (CCE) attribue cette absence de progrès à un manque de volonté politique de la part des États membres. Pour accéder aux fonds disponibles, les pays devaient affiner leurs stratégies nationales en matière de climat et d’énergie ; or, la majorité d’entre eux n’a pas fixé d’objectifs concrets ni défini de mesures spécifiques. Il en résulte une quasi-absence de progrès significatifs vers la réalisation d’objectifs clés, tels que l’augmentation de la capacité des énergies renouvelables de 103 GW ou l’amélioration des réseaux électriques interconnectés.
M. Kozlovs a souligné que l’instabilité géopolitique actuelle met en évidence le danger de dépendre d’un seul fournisseur d’énergie et a appelé à une relance coordonnée de la stratégie. Avec l’interdiction totale des importations de GNL russe prévue pour janvier 2027, il est de plus en plus urgent que les pays de l’UE traduisent enfin leurs ambitions énergétiques en investissements concrets. (fc)
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