Principaux renseignements
- La Belgique s’est appuyée exclusivement sur les importations de GNL russe en juillet en raison des perturbations du transport maritime au Moyen-Orient.
- Les dépenses totales de l’UE en gaz russe ont augmenté de 16 pour cent malgré les efforts continus visant à se dissocier de Moscou.
- Le faible niveau des réserves régionales menace la faisabilité de l’interdiction totale du GNL russe prévue par l’UE.
En raison des conflits au Moyen-Orient perturbant les voies maritimes via le détroit d’Ormuz, la Belgique s’est approvisionnée exclusivement en gaz naturel liquéfié (GNL) russe tout au long du mois de juillet. Cette tendance est apparue alors que les prix exorbitants du gaz dissuadaient de nombreux pays européens d’acheter du combustible pour se préparer à la saison hivernale.
Selon les données de suivi des navires de Bloomberg, le volume total des livraisons de GNL vers la Belgique — qui occupait l’année dernière la cinquième place parmi les importateurs européens — a chuté de plus de 40 pour cent par rapport au mois de juillet de l’année précédente. Au cours de cette période, le pays s’est approvisionné à hauteur d’environ 0,4 million de tonnes auprès de la Russie, tout en continuant à s’approvisionner en gaz par gazoduc depuis le Royaume-Uni et la Norvège.
L’UE souhaite une interdiction totale
Ces développements créent des frictions importantes avec les stratégies énergétiques de l’Union européenne, puisque le bloc a l’intention de mettre en œuvre une interdiction totale du GNL russe l’année prochaine. Bien que les contrats à court terme aient été restreints depuis avril afin d’encourager une transition progressive, l’instabilité des approvisionnements en provenance du Moyen-Orient a en réalité entraîné une augmentation des importations russes.
Les données de l’organisation allemande Urgewald indiquent que l’UE a dépensé 5,96 milliards d’euros en GNL russe au cours du premier semestre 2026. Cela représente une hausse de 16 pour cent par rapport à l’année précédente, l’Espagne, la Belgique et la France étant les principaux acheteurs.
Réserves de gaz
La situation actuelle est encore aggravée par le fait que les réserves de gaz européennes se situent à leur plus bas niveau saisonnier depuis 2009. Étant donné que la Russie est le deuxième fournisseur de GNL de l’UE après les États-Unis, certains analystes s’interrogent sur la faisabilité de l’interdiction à venir si l’instabilité régionale persiste.
La persévérance de l’UE face aux compromis commerciaux
Malgré ces défis, les dirigeants de l’UE affirment que l’interdiction sera mise en œuvre comme prévu. Cependant, le bloc a récemment proposé un compromis en autorisant le transit du GNL russe vers des destinations hors UE afin de minimiser les perturbations du commerce mondial.
C’est la première fois depuis début 2021 que la Belgique a été entièrement dépendante du gaz russe pendant un mois. À cette époque, nous étions juste après la pandémie et avant l’invasion de l’Ukraine. (fc)
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