La Belgique et le Royaume-Uni signent un accord policier visant à lutter contre le trafic illicite via la Manche


Principaux renseignements

  • Le Royaume-Uni et la Belgique ont signé un accord historique visant à démanteler les réseaux du crime organisé.
  • De nouveaux protocoles accélèrent le partage de renseignements et la surveillance afin de mettre un terme aux traversées irrégulières de la Manche.
  • La coopération vise les itinéraires de passage clandestins en constante évolution et le trafic de stupéfiants.

Dans le cadre d’une initiative historique, le Royaume-Uni et la Belgique ont conclu un traité en matière d’application de la loi visant à démanteler les réseaux de criminalité organisée facilitant les traversées irrégulières de la Manche.

Premier traité depuis le Brexit

Signé à Londres le 9 septembre par la ministre de l’Intérieur Shabana Mahmood et le ministre de l’Intérieur Bernard Quintin, cet accord marque le premier pacte policier bilatéral entre le Royaume-Uni et un pays de l’UE depuis le Brexit. Il rétablit des canaux de coopération essentiels qui avaient été rompus lorsque le Royaume-Uni a quitté l’Union européenne.

Rationalisation du partage des renseignements

Cet accord rationalise l’échange de renseignements en supprimant les obstacles bureaucratiques qui exigeaient auparavant souvent une autorisation judiciaire avant que les données puissent être partagées. Cette évolution permet le transfert rapide des informations issues de la reconnaissance automatique des plaques d’immatriculation (ANPR) concernant les véhicules transportant des marchandises de contrebande, des migrants en situation irrégulière ou du matériel de contrebande.

De plus, le pacte confère aux forces de l’ordre belges le pouvoir de participer au centre de renseignement conjoint franco-britannique situé dans le nord de la France et élargit les capacités de surveillance lors d’opérations conjointes.

Trains Eurostar

Les mesures de sécurité dans les transports ont également été renforcées. Les agents belges sont désormais autorisés à porter des armes à feu sur certains trains Eurostar qui n’effectuent pas d’arrêts commerciaux en France, comblant ainsi un vide juridique antérieur qui interdisait les armes à feu même à l’intérieur des frontières belges. Bien que le traité général ait été signé, les responsables ont souligné que des accords techniques supplémentaires sont nécessaires pour finaliser ces détails opérationnels.

Itinéraires de trafic

Cette alliance stratégique intervient alors que les opérations de trafic migratoire se déplacent vers le nord. En raison du renforcement des mesures de sécurité françaises autour de Calais, les réseaux criminels utilisent de plus en plus le littoral belge comme principal point de départ. Le ministre Quintin a souligné que ce partenariat vise non seulement la traite des êtres humains, mais aussi les réseaux de trafic de stupéfiants qui s’attaquent aux populations vulnérables. Par ailleurs, le ministre de l’Intérieur Mahmood a fait remarquer que, bien que les arrivées par petites embarcations aient diminué, la collaboration internationale reste essentielle pour lutter contre les réseaux criminels opérant sur plusieurs territoires nationaux. (fc)

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