La BCE devrait relever ses taux d’intérêt face à la hausse des coûts énergétiques


Principaux renseignements

  • La BCE devrait relever ses taux d’intérêt à 2,5 pour cent ce jeudi.
  • Des divergences internes persistent concernant le taux neutre et les risques économiques.
  • L’incertitude quant à la direction de la BCE s’accroît alors que Christine Lagarde envisage de quitter ses fonctions.

En raison de la flambée des coûts énergétiques provoquée par le conflit en Iran, la Banque centrale européenne devrait procéder à une nouvelle hausse des taux d’intérêt. L’inflation restant nettement supérieure au seuil souhaité et la zone euro faisant preuve d’une résilience économique inattendue, la plupart des analystes s’attendent à ce que le taux de dépôt augmente de 25 points de base pour atteindre 2,5 pour cent ce jeudi. Les projections trimestrielles actualisées devraient étayer cette décision en mettant en évidence une croissance accélérée et des pressions persistantes sur les prix dans l’ensemble des 21 pays membres.

Des opinions divergentes

Contrairement à la Banque d’Angleterre et à la Réserve fédérale, la BCE a poursuivi son cycle de resserrement en juin, et un large consensus s’est dégagé en faveur d’une nouvelle hausse cette semaine. Cependant, la stratégie future reste un sujet de controverse. Alors que les opérateurs de marché s’attendent à plusieurs hausses supplémentaires, de nombreux économistes se montrent plus hésitants.

Au sein de la BCE, certains responsables estiment que de nouvelles hausses sont nécessaires, tandis que d’autres mettent en garde contre un resserrement excessif compte tenu de l’imprévisibilité des tensions au Moyen-Orient et de la dynamique commerciale américaine.

Conflit interne

La réunion, qui se tiendra à Berlin plutôt qu’au siège habituel de Francfort, débouchera sur une annonce à 14 h 45, suivie d’une conférence de presse avec la présidente Christine Lagarde. Cette décision renforcerait la position de la BCE en tant que banque centrale la plus offensive parmi les pays du G7.

Des divergences internes sont apparues concernant le « taux neutre », c’est-à-dire le niveau auquel la politique monétaire ni ne stimule ni ne freine la croissance. Certains membres, comme le Lituanien Gediminas Simkus, estiment que 2,5 pour cent est insuffisant pour freiner l’inflation, tandis que d’autres, tels que Piero Cipollone, mettent en garde contre les risques d’un resserrement excessif qui pourrait nuire à l’économie. Par ailleurs, le président de la Bundesbank, Joachim Nagel, a souligné que la hausse des rendements obligataires mondiaux ajoute une couche de complexité à l’environnement financier actuel.

Prévisions révisées

Les prévisions révisées seront au cœur des discussions, les analystes anticipant une hausse des perspectives d’inflation pour 2025 et une trajectoire de croissance plus soutenue. Toutefois, ces données ayant été finalisées en août, elles ne tiennent peut-être pas pleinement compte des dernières flambées des prix de l’énergie et des rendements obligataires.

Départ de Lagarde ?

Parallèlement à ces débats sur la politique monétaire, une incertitude plane sur la direction de la BCE. Les spéculations vont bon train quant à un éventuel départ de Christine Lagarde avant l’expiration de son mandat en 2027. Selon certaines informations, le Forum économique mondial chercherait à la recruter pour un poste de direction, et Lagarde n’a pas écarté la possibilité de revenir à la vie politique française.

Le besoin de clarté concernant la direction pourrait devenir encore plus urgent si Isabel Schnabel, membre du directoire, quittait ses fonctions prématurément pour rejoindre le Fonds monétaire international. (fc)

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