L’administration Trump s’oppose à Ford au sujet de ses liens avec la Chine


Principaux renseignements

L’administration Trump a critiqué Ford pour ses liens technologiques avec le fabricant chinois de batteries CATL.
Ford a réfuté ces allégations en mettant en avant son capital américain et la création d’emplois sur le territoire national.
Ce différend reflète une volonté plus large du gouvernement fédéral d’éliminer la dépendance vis-à-vis de l’étranger par le biais de droits de douane et de la production nationale.


L’administration Trump a exprimé sa vive désapprobation à l’égard de Ford Motor Company en raison de ses liens présumés avec l’industrie et la technologie chinoises. Dans une communication officielle adressée au PDG Jim Farley, le secrétaire aux Transports Sean Duffy a mis en avant la relation de l’entreprise avec le fabricant de batteries CATL. M. Duffy s’est également dit inquiet quant aux activités de Ford au Salon de l’automobile de Détroit, suggérant que le constructeur automobile tentait d’encourager la création de coentreprises chinoises aux États-Unis.

Réponse de Ford

Dans une réplique rapide, Ford s’est présentée comme une marque typiquement américaine et a affirmé que les allégations du secrétaire Duffy reposaient sur des données erronées. L’entreprise a qualifié cette lettre de tentative superficielle visant à attirer l’attention des médias, arguant que le gouvernement s’en prenait injustement à une entreprise qui a contribué de manière significative à la croissance industrielle nationale.

Stratégie économique plus large

Ce conflit met en évidence une stratégie plus large de l’administration Trump visant à favoriser la production nationale par la mise en place de droits de douane, une tactique récemment appliquée au secteur automobile canadien. Malgré ces pressions, les spécialistes du secteur suggèrent que les constructeurs chinois, qui sont actuellement les plus grands producteurs mondiaux, pourraient faire leur entrée sur le marché américain au cours de la prochaine décennie. Alors que Donald Trump s’était auparavant montré ouvert à l’idée que des entreprises chinoises construisent des usines aux États-Unis, cette position s’est heurtée à la résistance de divers législateurs et dirigeants du secteur.

La polémique autour de CATL

Plus précisément, le secrétaire Duffy a critiqué Ford pour avoir aligné ses objectifs à long terme sur ceux d’entreprises soutenues par l’État chinois, soulignant l’utilisation d’une technologie sous licence de CATL au BlueOval Battery Park, dans le Michigan. Ford a répliqué en précisant que ce partenariat consistait en un accord de services et de licence à portée limitée, et non en une coentreprise. Le constructeur automobile a souligné qu’il conservait la pleine propriété de l’installation, en gérait l’ensemble des opérations et créait 1 700 emplois locaux.

Calendriers de production et différends publics

Par ailleurs, l’administration a remis en cause la décision de Ford de reporter à 2030 la délocalisation de la production de certains modèles Lincoln de la Chine vers les États-Unis, avertissant que ce retard créait une dépendance malsaine vis-à-vis de la Chine. Ford a également réfuté les allégations selon lesquelles il aurait proposé un cadre pour des coentreprises étrangères lors du Salon de l’automobile de Détroit. L’entreprise a conclu en déclarant qu’elle aurait volontiers fourni des preuves supplémentaires de son engagement envers les États-Unis si le secrétaire l’avait contactée en privé avant de rendre l’affaire publique.

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