Le « tortionnaire » Ebrahim Raisi devient président de l’Iran: l’accord sur le nucléaire plus que jamais en danger?

Samedi, le conservateur Ebrahim Raisi a été déclaré vainqueur des élections présidentielles en Iran. Si ce résultat plait aux pays alliés de l’Iran, c’est beaucoup moins la fête dans les pays opposés à ce régime. La question d’un accord sur le nucléaire iranien est désormais encore plus précaire que sous la présidence de Rohani.

Selon les sources officielles iraniennes, Ebrahim Raisi aurait remporté 17,9 millions de voix sur les 28,9 millions d’électeurs qui se sont rendus aux urnes samedi. Le pays se félicite d’une aussi grande participation: près de la moitié de la population aurait voté.

Vladimir Poutine s’est réjoui de cette victoire: « Cela répond entièrement aux intérêts des peuples russe et iranien et va dans le sens d’un renforcement de la sécurité et de la stabilité régionales ». La Syrie a félicité Raisi en lui souhaitant « beaucoup de succès » et en l’invitant à « poursuivre l’approche de la Révolution islamique dans la gestion du pays ». Il ne fallait pas en attendre moins des principaux alliés du pouvoir iranien.

« Falsifications astronomiques »

Mais pour les opposants du régime actuel iranien, ces élections ne sont qu’une vaste farce, qui ne représente en rien l’avis du peuple. La gestion même des élections par le Conseil du gardien est réalisée de manière à maintenir les pouvoirs du guide suprême du pays, Ali Khamenei, a expliqué le CNRI, une coalition politique iranienne en exil, à Business Insider.

Pour cette organisation, l’Iran a réalisé des « falsifications astronomiques » lors de ces élections, multipliant par 5 le nombre d’électeurs réellement venus aux urnes. Le but étant de faire croire que le peuple soutenait le pouvoir en place. Alors que selon le CNRI, le peuple a voulu s’opposer au régime autoritaire en boycottant les élections.

La coalition basée en France et en Albanie demande aux gouvernements étrangers de changer leur manière de traiter le régime iranien, en prenant en compte que le peuple lui-même ne veut pas de ce régime.

Accord sur le nucléaire iranien

Il était déjà difficile pour l’Occident de discuter avec le précédent président iranien, Hassan Rohani. Surtout en ce qui concernait l’enrichissement d’uranium. Sous la présidence américaine de Barack Obama, un accord avait été trouvé : la fin des sanctions contre la fin du programme nucléaire. Mais Donald Trump a réduit cet accord à néant en s’en retirant et en remettant en place les sanctions. Rohani a donc relancé le programme et le pays est en bonne voie pour réussir à fabriquer des armes nucléaires.

Mais avec Ebrahim Raisi, qui prendra les rênes du pouvoir en août prochain, il est difficile de dire si un nouvel accord pourra être trouvé. Le nouveau président a une vision conservatrice et étatique de la gestion de son pays. Il n’est pas vraiment prêt à s’ouvrir à l’Occident de manière générale.

Toutefois, les précédentes discussions ayant progressé dans le bon sens, selon Jake Sullivan, le conseiller américain à la sécurité nationale, la porte n’est pas totalement refermée. Les pays signataires du précédent accord espèrent qu’un nouveau sera trouvé avant que Raisi ne prenne le pouvoir. Et même si ce n’était pas le cas, c’est l’Ayatollah qui prend généralement les décisions à ce sujet.

Pour Israël, l’un des plus grands ennemis de l’Iran, trouver un accord rapidement est « la dernière chance pour les puissances mondiales de se réveiller », ajoutant qu’un « régime de bourreaux brutaux ne doit jamais être autorisé à posséder des armes de destruction massive ». Le passé d’Ebrahim Raisi est très problématique pour l’Occident et Israël.

L’homme aurait en effet fait exécuter plus de 500 opposants au régime à la fin du 20e siècle. Amnesty internationale demande de ce fait qu’il soit jugé pour crime contre l’humanité, plutôt que nommé président de l’Iran.

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