Le S&P 500 est officiellement en « marché baissier » : et maintenant? Voici 5 scénarios possibles

Vendredi, un des plus importants indices boursiers de Wall Street, le S&P 500, est passé en dessous des 20%, par rapport à son sommet. Le passage sous cette barre a duré qu’un instant, mais il s’agit tout de même d’un jalon important, appelé « marché baissier » ou bear market. A partir de ce point, à quoi peut-on s’attendre? Que nous disent les précédentes périodes baissières?

Avec le S&P 500 en chute depuis le début de l’année, la question n’était pas de savoir si cela allait arrive mais le quand. Vendredi, pendant un instant, l’indice boursier a glissé plus bas que 20% par rapport à son pic, atteint le 31 décembre 2021. Dans le jargon boursier, on appelle cela un bear market, ou marché baissier. Or, il s’agit de la première fois depuis l’irruption de la pandémie, en mars 2020, que l’indice dépasse cette barre symbolique.

De son côté, le Nasdaq, indice boursier qui reprend les valeurs technologiques, est déjà bien ancré dans ce territoire : au début du mois de mai, l’indice a dépassé les -20%, et s’approche même d’une chute de 30% par rapport à son pic atteint en novembre. Dans un contexte d’inflation et de hausse des taux d’intérêt, les investisseurs se détournent souvent des valeurs technologiques, qui regroupe des entreprises qui sont souvent des paris et qui ont besoin de liquidier et donc d’emprunts.

Ces deux importants indices boursiers américains sont bel et bien en chute. Le dépassement de cette barre symbolique amène tout son lot de questions et d’inquiétudes pour les investisseurs et économistes. Quand la saignée prendra-t-elle fin? Qu’est-ce que cela veut dire pour l’économie dans son ensemble, et pour les risques de récession?

  • Jusque -30% ?

Selon des données compilées par Ryan Detrick, stratégiste auprès de LPL Research, le S&P 500 a connu 17 marchés baissiers (ou les a frôlés) depuis le Seconde Guerre mondiale. En moyenne, l’indice a chuté de 30% avant de remonter la pente, et la période baissière a duré près d’un an. La plus longue période a été de plus de 30 mois, au début des années 2000, avec une chute de 49,1%. La plus forte chute a été de 56,8%, dans le contexte de la crise financière de 2008.

  • Baisse de 10% en six semaines

Le S&P 500 est en baisse continue depuis plus de six semaines, et a dépassé les 10%. La dernière baisse continue de sept semaines a eu lieu en 2001. Mais les données montrent un élément plus positif également : six mois après une baisse continue de six semaines lors de laquelle le cours a perdu plus de 10%, l’indice affiche 9,9% de plus, en valeur médiane, et 29,2% de plus après un an.

  • Récession?

Dans le cas d’une récession, la chute s’aggrave. En moyenne, dans le contexte d’un épisode de récession, l’indice a perdu 34,8%, et la chute a duré 15 mois.

De l’autre côté, la chute est moins forte et dure moins longtemps lorsque l’économie évite la récession. L’indice perd alors, en moyenne, 23,8%, et la chute s’arrête après sept mois. « Ce qui est encore plus intéressant, c’est que nous avons vu de nombreux marchés quasi baissiers atteindre leur point le plus bas à près de 19%, ce qui est proche du point le plus bas des actions la semaine dernière », note le rapport.

« Si on remonte plus de 50 ans en arrière, on voit qu’il n’y a eu qu’une seule fois un marché baissier sans récession qui a perdu plus de 20% et c’était pendant le Crash de 1987 », continue Ryan Detrick dans le rapport. « Avec d’autres marchés baissiers proches sans récession qui ont atteint leur point le plus bas près des corrections de 19% en 1978, 1998, 2011 et 2018, non loin des récents points bas. »

Le S&P 500 n’a que brièvement dépassé les 20% de chute vendredi, mais de nombreux experts estiment que la saignée n’a pas encore pris fin, notamment à cause des nuages sombres toujours à l’horizon : l’inflation, la crise énergétique, la hausse des taux d’intérêt, et la peur de la récession. Dans ce sens, les chiffres de la croissance pour le deuxième trimestre 2022 seront intéressants à observer. S’ils sont en dessous de ceux du même trimestre 2021, les risques de récession (deux chutes consécutives du taux de croissance) deviendront plus sérieux encore, et la confiance des investisseurs devrait encore baisser.

  • Elections midterm

En automne, les Américains sont appelés aux urnes, pour voter pour une partie des sièges disponibles au Sénat et à la Chambre des Représentants. Ce vote a lieu tous les quatre ans, soit deux ans après les élections présidentielles. Et les années où se vote a lieu, le S&P est assez volatile. En moyenne (depuis 1950), il perd 17,1% par rapport au score affiché le jour de l’an, pour afficher 32% de plus pile une année après l’élection, montre le rapport.

En général, les deux premiers trimestres de l’année où ont lieu les midterms sont les deux pires trimestres à la bourse, de toute la période d’un mandat d’un président, ajoute Markets Insider.

Cette année-ci, d’autres éléments pèsent sur le marché. Mais cette remontée de la pente à hauteur de 32% en moyenne peut aujourd’hui déjà sembler comme un élément rassurant pour le monde économique. Mais bien sûr, il ne s’agit que d’une moyenne.

  • Marché haussier sur trois ans

Malgré la récente chute, le S&P 500 allait entamer sa troisième année en marché haussier, après deux années de particulières envolées. Et historiquement, cette troisième année de marché haussier est souvent une année moins bonne comparée aux deux autres, avec une augmentation d’à peine 5%. Les données montrent qu’il y a eu 11 marchés haussiers depuis la Seconde Guerre mondiale, et trois d’entre eux se sont arrêtés lors de la troisième année.

Conclusion : Une crise n’en vaut pas une autre. Ces chiffres peuvent nous donner une perspective intéressante de la situation actuelle par rapport à d’autres crises, mais des éléments incertains comme la guerre en Ukraine et ses conséquences à échelle planétaire vont continuer à faire pression sur l’inflation. Pour y faire face, les différentes banques centrales prennent des mesures comme la hausse des taux d’intérêt, mais le grand défi est de freiner l’inflation sans provoquer un trop fort ralentissement économique.

Ce lundi en tout cas, à la clôture des négociations, le S&P 500 affichait une hausse de 1,5% par rapport à son résultat affiché lors de la clôture vendredi.

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