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Le roi renvoie la balle aux préformateurs: ils ont 48 heures pour remettre sur pied la Vivaldi

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Politique

21/09/2020 | Baptiste Lambert | 5 min de lecture

Conner Rousseau (sp.a), le roi Philippe et Egbert Lachaert (Open VLD) - Frederic Sierakowski / Isopix

Le roi n’a pas accepté la démission des préformateurs Conner Rousseau (sp.a) et Egbert Lachaert (Open VLD).

Par communiqué, le Palais explique que les deux hommes ‘doivent poursuivre leur tâche’ et demande à ‘tous les partis concernés de rétablir au plus vite la confiance’. Un nouveau rapport est attendu ce mercredi.

Ces dernières heures, de vives tensions sont apparues entre les négociateurs. Tous, à l’exception du président de l’Open VLD, pointent du doigt le comportement de Georges-Louis Bouchez (MR), qui voudrait maintenir l’équipe gouvernementale à flot, faute d’accord sur la coalition Vivaldi.

Le président du MR est accusé depuis des mois maintenant – surtout au nord du pays – de mettre des bâtons dans les roues d’une nouvelle coalition. Pourquoi ? Parce que son parti est dans une position confortable: avec 6 ministres dans le gouvernement normalement provisoire de Sophie Wilmès (MR), le tout avec seulement 14 sièges à la Chambre. Le Montois se défend, et estime être le seul à défendre les idées libérales dans une coalition Vivaldi qu’il juge trop à gauche.

Wilmès à la rescousse, le sp.a lâche une petite bombe

En outre, c’est le nom d’un formateur qui bloque encore et toujours, et donc d’un futur Premier ou Première ministre. GLB veut Wilmès, mais le PS de Paul Magnettre revendique le poste, comme le CD&V qui verrait bien Hilde Crevits débarquer au 16. À ce petit jeu, c’est toujours le libéral flamand Alexander De Croo qui fait office de favori.

Du moins si la Vivaldi va jusqu’au bout. Les négociateurs seraient tellement excédés par Georges-Louis Bouchez que Sophie Wilmès a été rappelée à la rescousse pour l’accompagner et le recadrer. Une sorte de camouflet. Cet après-midi, le sp.a a frappé fort, voulant carrément exclure le MR des négociations.

L’indignation des observateurs est unanimement partagée devant une classe politique qui manque d’expérience à ce niveau. Rappelons toutefois que les extrêmes n’ont jamais été aussi bien représentées, ce qui complexifie le jeu des coalitions depuis la fin des élections.

Et maintenant ?

Le sp.a semble disposé à redonner une chance au MR. ‘Tenter de rendre possible l’impossible’, a déclaré Conner Rousseau. Le jeune président du sp.a était particulièrement remonté hier, taclant les autres négociateurs de ‘bande de losers’.

En fait, sa décision de sortir le MR n’a pas été suivie par les autres présidents de parti. Un pas trop loin, ont-ils estimé, qui aurait signifié de facto la fin de la Vivaldi. Pourquoi ? Car l’Open VLD n’est pas disposé à lâcher le MR. Le scénario qui verrait le cdH prendre la place du MR, un temps évoqué, n’est plus à l’ordre du jour. Car c’est tout simplement suicidaire pour l’Open VLD, alors seul parti à droite d’une coalition à gauche toute.

Bart De Wever n’a d’ailleurs pas hésité à rappeler la guerre qu’il va mener aux libéraux depuis l’opposition, avec des mots assez nauséabonds: ‘Les amis bleus devront se mettre à genoux, ouvrir la bouche et avaler tout ce qu’il faudra.’ ou encore ‘Nous les briserons depuis l’opposition.’ Theo Francken a lui à nouveau demandé au CD&V de bien peser leur décision d’entre dans une Vivaldi. L’opposition de la N-VA au nord du pays sera rude, mais ce n’est pas une surprise.

L’anecdote autour du président du sp.a cache toutefois un malaise plus grand. Le manque total de confiance entre les partenaires. Les socialistes et les libéraux se regardent en chien de faïence, le CD&V tient absolument au poste de Premier ministre, et Georges-Louis Bouchez énerve à peu près tout le monde, y compris dans ses propres rangs.

Mais le président du MR a un point: il est vrai que la note, en l’état, ne donne pas la part belle à des mesures libérales symboliques, au contraire des socialistes (pension à 1.500 euros, réinvestissement dans les soins de santé…). Seulement, cela signifie qu’il n’y a pas d’accord sur les grands dossiers, et que donc la Vivaldi n’est pas près d’atterrir. Le délai de 48 heures est donc là pour ramener de la confiance, mais certainement pas pour conclure.

Source: BusinessAM


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