Le prix Nobel d’économie Paul Krugman dézingue les cryptomonnaies: « Du Big Short au Big Scam »

Les cryptomonnaies déchaînent les passions. Et leur grosse méforme donne du grain à moudre à leurs détracteurs. Parmi eux figure Paul Krugman, lauréat du prix Nobel d’économie en 2008.

Récompensé pour ses travaux sur le commerce international en concurrence imparfaite et en économie géographique, le Nobel d’économie 2008 ne porte pas les cryptomonnaies dans son cœur. Et c’est peu de le dire. Dans une opinion publiée dans le New York Times, Paul Krugman les a comparées à la bulle immobilière américaine des années 2000 – qui a débouché sur la crise financière mondiale de 2008. À cette époque, nombre d’Américains avaient refusé de reconnaître que les prix de l’immobilier avaient atteint des sommets insoutenables.

« Les Américains n’arrivaient tout simplement pas à croire que les prix de l’immobilier étaient aussi gonflés que le prétendaient les opposants ni à comprendre que des milliers de milliards de dollars de valeur immobilière pouvaient être éliminés, a rappelé Paul Krugman. « Il ne semblait tout simplement pas plausible que les marchés, et la sagesse conventionnelle affirmant que les marchés étaient OK, puissent se tromper à ce point ».

Un phénomène que l’économiste américain attribue à ce qu’il appelle le « facteur d’incrédulité ». Et qui serait à nouveau à l’œuvre aujourd’hui avec les cryptomonnaies.

« Une maison construite non pas sur du sable, mais sur rien du tout »

Notant que le marché des cryptomonnaies était évalué à près de 3.000 milliards de dollars à son sommet en novembre, Paul Krugman a indiqué que bon nombre d’investisseurs ne pouvaient pas concevoir le fait qu’ils avaient affaire à une bulle. « Il semble ridicule de remettre en question une classe d’actifs qui a pris tant de valeur et attiré tant de promoteurs influents. Il semble absurde de suggérer que la crypto est une maison construite non pas sur du sable, mais sur rien du tout », a-t-il expliqué.

Pourtant, pour lui, les choses sont claires: les cryptomonnaies ne valent pas du tout leur prix et vont donc définitivement se casser la figure. Il a remis en doute leur supériorité par rapport aux moyens de paiement traditionnels, a insisté sur leur popularité auprès des fraudeurs et des blanchisseurs d’argent et souligné le manque d’utilisations pratiques du bitcoin.

Avant de conclure sur un cinglant « Si vous voulez mon avis, il semble que nous soyons passés du Big Short au Big Scam ».

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