Le vote sur l’euro numérique reporté ; la BCE reste confiante


Principaux renseignements

  • La Banque centrale européenne (BCE) reste confiante quant au calendrier du projet d’euro numérique malgré un léger retard dans le vote du Parlement européen.
  • Les débats en cours sur la conception portent sur l’opportunité de proposer à la fois des versions en ligne et hors ligne de l’euro numérique.
  • L’euro numérique vise à réduire la dépendance de l’Europe vis-à-vis des systèmes de paiement américains et à renforcer la souveraineté financière.

Piero Cipollone, membre du directoire de la BCE, reste optimiste malgré un retard potentiel du vote du Parlement européen sur l’euro numérique. Initialement prévue début mai, la décision est désormais attendue vers le 23 juin. Cipollone s’est dit confiant qu’un léger report n’aurait pas d’impact significatif sur le calendrier du projet, soulignant la volonté de la BCE d’attendre tant que la législation soit finalisée d’ici la fin de l’année.

Débats sur la conception

La commission des affaires économiques et monétaires du Parlement européen fait face à des débats en cours concernant la conception de l’euro numérique. Un point de discorde majeur porte sur la question de savoir s’il faut proposer à la fois des versions en ligne et hors ligne ou uniquement une option hors ligne. Alors que la plénière s’était auparavant prononcée en faveur d’un système double, de nouvelles délibérations sont nécessaires.

Les États membres sont parvenus à un consensus sur l’euro numérique en décembre, la BCE visant un lancement en 2029 sous réserve de l’approbation législative cette année. Une phase pilote devrait débuter au second semestre 2027.

Inquiétudes concernant la domination américaine

Les responsables de la BCE ont régulièrement exprimé leurs inquiétudes quant à la dépendance de l’Europe vis-à-vis des géants américains des paiements tels que Visa et Mastercard, ainsi que des stablecoins indexés sur le dollar. Le président de la Bundesbank, Joachim Nagel, s’est fait l’écho de ces préoccupations lors d’un discours à Bruxelles, soulignant la nécessité d’« autonomie et de souveraineté » grâce à la diversification et à des solutions développées localement. Il a plaidé en faveur d’un cadre juridique solide pour soutenir l’euro numérique.

Nagel s’est dit convaincu que le processus législatif pourrait aboutir d’ici la fin de l’année, ouvrant la voie à un euro numérique qui incarne la vision européenne de la souveraineté tout en favorisant l’innovation privée et la concurrence. Il a souligné l’importance de renforcer la souveraineté européenne en tant que priorité stratégique absolue, considérant l’euro numérique comme une étape concrète vers la réalisation de cet objectif. (fc)

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