Principaux renseignements
- Clémentine Barzin (MR) propose de réduire le nombre de députés du Parlement bruxellois de 89 à 45.
- Cette réforme permettrait d’économiser environ 15 millions d’euros par an.
- Des listes électorales bilingues pourraient éliminer les partis nationalistes flamands de l’assemblée législative.
Clémentine Barzin, députée au Parlement bruxellois représentant le parti MR, appelle à une réorganisation en profondeur de l’assemblée législative de la ville, rapporte BRUZZ. Elle propose de réduire le nombre de députés de 89 à 45.
Cette initiative est soutenue par son mari et collègue de parti, le ministre-président Boris Dilliès, qui a déjà critiqué le Parlement actuel pour sa taille excessive. Barzin a l’intention de présenter officiellement ce projet à l’assemblée après la pause estivale.
Motivations financières et administratives
Les principales motivations de cette proposition sont d’ordre financier et administratif. Barzin fait valoir qu’un organe composé de 89 membres est excessif pour une région comptant environ un million d’habitants, compte tenu notamment de l’état actuel des finances publiques. La mise en œuvre d’une telle réduction permettrait, selon les estimations, d’économiser environ 15 millions d’euros par an au gouvernement.
Bien que toute réforme fondamentale de la structure de l’État bruxellois relève de la compétence fédérale, le duo du MR espère qu’une proposition détaillée suscitera la dynamique nécessaire au changement. Cette volonté d’efficacité fait écho à des suggestions antérieures des libéraux francophones visant à réduire la taille du Parlement wallon.
Rationalisation du processus électoral
Au cœur de la vision de Barzin se trouve le remplacement du système électoral linguistique actuel par des listes bilingues. Actuellement, le parlement est divisé en deux groupes linguistiques distincts – 72 francophones et 17 néerlandophones – , ce qui complique le processus de formation d’un gouvernement en raison de l’exigence d’une double majorité.
En introduisant des listes communes, Barzin estime que le processus de formation du gouvernement serait simplifié. Elle soutient également que le collège néerlandophone actuel est trop fragmenté, suggérant que le système a été exploité par les petits partis pour obtenir des sièges plus facilement qu’ils ne le pourraient dans le cadre d’un système unifié.
Afin de garantir la protection de la minorité néerlandophone, Barzin suggère que ces listes bilingues soient assorties de quotas ou de seuils spécifiques. Cette approche s’inspire des pratiques existantes observées lors de diverses élections municipales.
Conséquences pour les partis nationalistes flamands
Cependant, un tel changement poserait un défi de taille à des partis comme la N-VA et le Vlaams Belang. Ces partis nationalistes flamands ne disposant pas de sections francophones, ils auraient du mal à rivaliser dans le cadre d’une obligation de bilinguisme.
La vulnérabilité de cette position a été mise en évidence lors des élections de 2024. Alors que la N-VA a obtenu des résultats honorables aux élections régionales, elle a été totalement exclue des conseils communaux bruxellois parce qu’elle s’était présentée seule. Le passage à des listes bilingues pourrait entraîner la disparition totale de ces partis du Parlement bruxellois.
(at)
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