Le gouvernement italien à nouveau plongé dans une crise politique: pourquoi risque-t-il de tomber?

Matteo Renzi, et les ministres Elena Boneti et Teresa Bellanova. Crédit: Isopix

Hier, l’ancien président du Conseil italien Mattteo Renzi a annoncé la démission de deux des ministres de son parti, Italia Via. Une déclaration qui met à exécution des menaces proférées il y a quelques semaines, lorsque Matteo Renzi avait déclaré vouloir retirer son soutien au gouvernement de Giuseppe Conte. Entre divergences et débâcles, l’équilibre du parlement est menacé et un retour aux urnes est à envisager. 

Les ennuis se poursuivent en Italie. Alors que le pays tente de se relever économiquement d’une crise sans précédent, l’ancien Premier ministre Matteo Renzi, a annoncé  hier la démission des deux ministres de son parti : Teresa Bellanova (ministre de l’Agriculture) et Elena Bonetti (ministre des Familles).

Pourquoi l’équilibre du Parlement est-il menacé? Les partis politiques italiens sont organisés en deux coalitions dominantes de centre gauche et de centre droit. Le parti Italia Viva, fondé par Matteo Renzi en 2019, est un parti rattaché à la coalition centre gauche qui soutient le gouvernement de Giuseppe Conte. Seul problème, sans les 18 sénateurs du parti Italia Viva pour l’appuyer, le gouvernement de Giuseppe Conte aura besoin d’une nouvelle majorité au Sénat….

Cette démission plonge donc l’Italie dans une nouvelle crise politique, car un retour aux urnes est à prévoir. De leur côté, la droite et l’extrême droite exigent un nouveau vote si Gisueppe Conte ne parvient pas à (re)trouver une majorité solide rapidement. Quant au président de la République, Sergio Mattarella, il demande que cette situation soit régularisée ‘au plus vite’.

Giuseppe Conte a quant à lui déclaré: ‘Je déplore les dommages notables qu’une crise gouvernementale pourrait causer à notre pays en pleine pandémie’.  

Des reproches

Pourquoi les deux ministres ont-ils démissionné ? Si beaucoup critiquent cette démission, Matteo Renzi, lui, ne l’entend pas de cette façon. Pour lui, il ne s’agit que d’un ‘geste de clarté’. ‘Ce n’est pas nous qui avons ouvert la crise, elle existe depuis des mois. Alors asseyons-nous autour d’une table et donnons des réponses au pays sur l’école, l’emploi, la santé’, a-t-il déclaré.

Matteo Renzi reproche à Giuseppe Conte sa mauvaise gestion de la pandémie, tout comme son plan pour répartir les 200 milliards d’euros perçus par l’Italie dans le cadre du plan de relance de l’Union européenne. Une autre version de ce fameux plan a été adoptée avant-hier au Conseil des ministres, mais Teresa Bellanova et Elena Bonetti se sont abstenues. 

Matteo Renzi a toutefois précisé qu’un changement de coalition était exclu. ‘Nous ne donnerons jamais vie à un gouvernement avec les forces souverainistes que nous avons combattues’, a-t-il ajouté.  Il s’est aussi dit prêt à discuter de ‘toutes les solutions possibles’, comme ‘’un autre gouvernement avec la même majorité ou un gouvernement technique’. Sous-entendu: même si Giuseppe Conte n’est plus à la tête.

Des alternatives?

  • Giuseppe Conte pourrait trouver une majorité solide prochainement et sonder les parlementaires avant un éventuel vote de confiance
  • Il pourrait aussi remettre sa démission. Ce qui lui permettrait d’obtenir un nouveau mandat du président de la République et aussi d’une nouvelle équipe.