L’Espagne et l’Italie sont les pays qui recevront le plus d’argent du fonds de relance européen: vont-ils vraiment bien l’utiliser ?

L’Espagne et l’Italie vont-ils, cette fois, utiliser l’argent européen plus efficacement ? – Isopix

Les experts craignent que l’Italie et l’Espagne, les deux pays qui reçoivent le plus d’argent du fonds de relance européen établi suite à la pandémie, ne soient pas en mesure d’investir les capitaux qui leur seront alloués de manière optimale.

Les dirigeants européens ont approuvé en décembre le budget et le fonds de relance européens post-coronavirus. Ce fonds octroie 750 milliards d’euros aux États membres de l’Union pour les aider à surmonter les conséquences économiques de la pandémie. Le plan se compose de 360 milliards d’euros de prêts et de 390 milliards d’euros de subventions directes. L’argent sera normalement mis à la disposition des États membres à partir de l’été prochain.

Obstacles administratifs

L’Italie et l’Espagne, deux pays qui ont été très durement touchés par le coronavirus, obtiendront la plus grosse part du gâteau. 208 milliards d’euros pour les Transalpins, 140 milliards pour les Ibériques. La Belgique pourra quant à elle compter sur 5,1 milliards.

Les experts ont peur que l’argent de Bruxelles ne puisse pas être dépensé efficacement en raison d’obstacles bureaucratiques et administratifs. Ils s’appuient sur le taux d’absorption, qui mesure l’utilisation des fonds européens par les États membres de l’UE.

Selon les chiffres de la Commission européenne, entre 2014 et 2020, le taux d’absorption espagnol s’est élevé à 39%. Sur la même période, l’Italie n’a pas dépensé beaucoup plus d’argent issu des fonds européens: 40%.

Innovation, numérisation et transition verte

Les États membres de l’UE ne reçoivent pas l’argent n’importe comment. Ils doivent remplir certaines conditions. Par exemple, l’argent du fonds de relance doit être utilisé pour l’innovation, la numérisation et la transition verte. Les États membres doivent avoir envoyé un planning détaillé à Bruxelles pour le mois d’avril.

Selon Marcello Messori, économiste à l’université Luiss de Rome, le plan italien doit encore être modifié. Celui qui est sur la table pour l’instant est beaucoup trop vague. ‘Plus de 50 projets non détaillés sont actuellement à l’étude. En outre, on ne sait pas très bien qui doit superviser la mise en œuvre de ces projets’, indique-t-il au Financial Times.

L’Espagne a, elle, certains objectifs d’investissement en tête. Par exemple, le gouvernement espagnol va utiliser 70% des subventions (72 milliards d’euros) du fonds de relance pour investir dans une transition verte et une transformation numérique entre 2021 et 2023.

En outre, Madrid a adopté un décret qui devrait l’aider à enfin utiliser l’argent européen de manière plus optimale. La modernisation de l’administration publique et l’augmentation des collaborations public-privé devraient permettre à l’Espagne à mieux absorber l’argent européen.