L’Asie est le précurseur absolu dans la construction de nouveaux réacteurs nucléaires

Alors que l’Allemagne a déjà fermé 3 de ses 6 centrales nucléaires restantes, l’Asie développe frénétiquement de nouveaux réacteurs nucléaires à une vitesse vertigineuse.

Depuis 2000, l’Allemagne a définitivement abandonné ses projets de construction de nouvelles centrales nucléaires. En conséquence, le pays, avec l’Italie et sans doute bientôt la Belgique, deviendra la seule nation au monde à fermer toutes ses vieilles centrales nucléaires sans les remplacer par de nouvelles. « Mais le reste du monde n’est pas encore prêt à abandonner cette source d’énergie », estime le journaliste spécialiste des données Florian Zandt.

Même après la catastrophe nucléaire de Fukushima en 2011, dont certaines régions souffrent encore aujourd’hui des conséquences écologiques, l’Asie reste un fervent partisan de l’énergie nucléaire. La région est même en tête de liste absolue pour la construction de nouveaux réacteurs. C’est ce qu’écrit Zandt dans un rapport publié sur Statista.

Le Japon compterait quelque 33 réacteurs actifs. Selon les données de l’Association nucléaire mondiale, il est prévu de construire 11 autres réacteurs. En Inde, pendant ce temps, les projets de nouvelles centrales nucléaires ont triplé pour atteindre un total de 72.

Mais la Chine fait de l’ombre à tous ces pays. « Quelque 168 nouveaux réacteurs ont déjà été proposés par la Chine, en plus des 18 déjà en construction et des 37 déjà prévus », souligne le journaliste. Selon M. Zandt, le nombre de réacteurs nucléaires proposés par la Chine a augmenté de quelque 337 %.

Prometteur, mais un certain nombre de risques

Au total, 35 réacteurs sont déjà en construction en Asie, tandis que l’Europe arrive en deuxième position avec 15 réacteurs. Les statistiques de l’Agence internationale de l’énergie atomique montrent que deux tiers des 441 centrales nucléaires en activité dans le monde ont plus de 30 ans. Il serait donc utile d’envisager d’optimiser les anciens réacteurs plutôt que d’en construire de nouveaux, affirme M. Zandt.

Zandt ajoute un dernier élément au débat sur l’énergie nucléaire: « Bien que l’augmentation constante de la consommation d’énergie et la raréfaction des combustibles fossiles tels que le charbon, le pétrole brut et le gaz fassent de l’énergie nucléaire une option viable et propre sur le papier, cette technologie comporte encore de nombreux risques. Notamment en ce qui concerne l’élimination et le stockage appropriés des déchets hautement radioactifs et l’état des anciennes centrales », conclut le journaliste spécialisé dans les données.

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