La Slovaquie a testé deux tiers de sa population en deux jours

(Isopix)

Plus de 3,6 millions de personnes ont été testées ce weekend en Slovaquie. Le but de cette opération baptisée ‘Joint responsibility’ est de trouver une alternative au confinement. C’est la première tentative de tests à grande échelle d’Europe.

Cette opération se faisait sur base volontaire. Les enfants de moins de 10 ans et les personnes de plus de 65 ans, handicapées, immunodépressives ou atteintes d’un cancer en étaient exemptés. Au total, ce sont plus de 3,6 millions de Slovaques qui se sont présentés au centre de test.

À la clef de ces tests : plus de libertés. Les personnes qui ont été testées négatives ne sont plus obligées de respecter les restrictions sanitaires. Celles qui ont reçu un résultat positif au Covid-19 ont dû se mettre en quarantaine, chez elle ou dans un hôtel réservé à cet effet. Enfin, ceux qui ne se sont pas présentés doivent continuer à respecter les mesures sanitaires.

Pour réaliser autant de tests en seulement deux jours, la Slovaquie a utilisé des tests antigéniques. Ces tests sont bien plus rapides que les tests PCR. Ils nécessitent aussi un prélèvement dans le nez, mais en seulement quelques minutes les résultats sont connus. Le problème est qu’ils sont beaucoup moins fiables. Les faux négatifs sont nombreux. C’est une des raisons pour lesquelles ils ne sont pas encore autorisés à grande échelle en Belgique.

L’opération a nécessité le déploiement de 40.463 membres du personnel, explique la CNN. Parmi eux, on compte 14 500 agents de santé et 6 319 soldats dépêchés dans près de 5.000 centres à travers le pays.

À reproduire à intervalle régulier

Toutefois, la population slovaque doit être attentive à une chose : un test négatif ne signifie pas toujours qu’on n’est pas malade. Outre les faux négatifs, il est aussi possible que la contamination soit trop récente pour être correctement détectée.

‘Toute stratégie de test de masse doit donc être menée à intervalles réguliers afin de devenir une stratégie efficace et de permettre l’assouplissement de certaines mesures de confinement’, a expliqué Mike Tildesley, expert en modélisation des maladies infectieuses à l’Université de Warwick.

Le gouvernement slovaque réfléchit donc à une seconde série de tests de masse, mais rien n’a encore été programmé officiellement. Le but serait de rouvrir complètement le pays aux activités économiques, sociales et culturelles.

Toutefois, tant que l’épidémie ne serait pas finie, le port du masque continuera d’être obligatoire dans les espaces publics. Les rassemblements de masse seront aussi toujours interdits.