La pollution est plus néfaste pour la santé que l’alcool ou le tabac : comptez 2 ans d’espérance de vie en moins

Adopter une bonne hygiène de vie est essentiel pour vivre longtemps et en bonne santé. C’est en tout cas la pensée commune. Malheureusement, opter pour une alimentation saine et équilibrée, pratiquer une activité physique régulière et éviter les abus n’empêchera pas la pollution de nuire à votre santé et de retirer 2,2 ans de votre espérance de vie.

Ce n’est pas un secret, la pollution de l’air a des effets sur notre santé, mais pour la plupart des personnes, ce sont surtout les populations vivant dans des environnements particulièrement pollués qui seraient les plus touchées. Ce qui n’est pas faux en soi. Cependant, selon un nouveau rapport sur l’indice de la qualité de l’air (AQLI) de l’Energy Policy Institute de l’Université de Chicago (EPIC), chaque personne sur cette terre est impactée par la pollution de l’air qui résulte principalement de la combustion d’énergies fossiles. Et l’effet de cette pollution est que l’espérance de vie de chacun est réduite de 2,2 ans.

Plus nocive que le tabac, l’alcool et le terrorisme

Le rapport fait la comparaison avec d’autres facteurs nocifs pour la santé et il en résulte que la qualité de l’air est ce qui réduit le plus l’espérance de vie des êtres humains. Le tabac ne réduit en effet l’espérance de vie que de 1,9 an en moyenne, et la consommation d’alcool et de drogues de 9 mois, là aussi en moyenne. La pollution de l’air est plus néfaste que l’eau insalubre (7 mois), que le VIH (4 mois), que le paludisme (3 mois) ou encore que les conflits et le terrorisme (7 jours) pour l’espérance de vie moyenne.

Outre ces chiffres étonnants, le rapport démontre un lien de causalité entre la pollution de l’air et l’espérance de vie réduite et non une simple corrélation. « En raison de la façon dont ces études ont été conçues – et de l’ensemble assez fortuit de politiques qui ont permis cette conception, elles ont établi une relation causale, plutôt qu’une relation corrélative, entre l’exposition aux particules et la mortalité », a déclaré Christa Hasenkopf, directrice d’AQLI, à CNBC.

Impossible à éviter

La pollution de l’air est particulièrement dangereuse, car elle est tout simplement impossible à éviter. « Alors qu’il est possible d’arrêter de fumer ou de se prémunir contre les maladies, chacun doit respirer de l’air. Ainsi, la pollution de l’air affecte beaucoup plus de personnes que n’importe laquelle de ces autres conditions », indique le rapport.

À l’heure actuellement, 97,3% de la population mondiale vit dans des endroits où la qualité de l’air ne dépasse pas le seuil limite recommandé par l’OMS, à savoir 5 microgrammes par mètre cube pour les particules d’un diamètre inférieur à 2,5 micromètres.

« Ce rapport réaffirme que la pollution particulaire est la plus grande menace pour la santé mondiale », a écrit Michael Greestone dans le rapport. « Pourtant, nous voyons aussi une opportunité de progrès. La pollution de l’air est un défi qui peut être gagné. Cela nécessite simplement des politiques efficaces. »

« Il est important de noter que la pollution de l’air est également profondément liée au changement climatique. Les deux défis sont principalement causés par le même coupable : les émissions de combustibles fossiles des centrales électriques, des véhicules et d’autres sources industrielles », indique le rapport. Ces défis présentent également une rare opportunité gagnant-gagnant, car la politique peut simultanément réduire la dépendance aux combustibles fossiles, ce qui permettra aux gens de vivre plus longtemps et en meilleure santé et de réduire les coûts du changement climatique. »

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