La nouvelle destination trendy pour les Chinois aisés ? La Mongolie

Oulan-Bator, la capitale de la Mongolie
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La Mongolie, un pays de 3 millions d’habitants avec un PIB inférieur par habitant à celui de l’Arménie, ou du Sri Lanka, émerge peu à peu comme une place de shopping alternative pour les Chinois fortunés.  

En Chine, les taxes sur les produits de luxe peuvent atteindre 56 %, et sans surprise, plus de 70 % des Chinois effectuent ces achats lorsqu’ils sont à l’étranger, si possible dans des pays où ces emplettes seront détaxées. Ce n’est pas anodin : les Chinois ont été à l’origine de 115 milliards de dollars d’achats de produits de luxe en 2018. Et selon McKinsey, ce chiffre devrait grimper à 170 milliards de dollars d’ici 2025.

Oulan-Bator est plus proche de Pékin qu’Hong Kong

Traditionnellement, c’était Hong Kong qui avait leur préférence pour ces sessions de shopping. Mais avec les manifestations, les ventes de produits de luxe devraient s’effondrer de 30 à 60 % cette année dans l’île.

Et il semble que la Mongolie, finalement plus proche de Pékin que Hong Kong, et offrant une fiscalité attractive (avec une unique taxe de 10 % sur les ventes), soit devenue leur nouvel eldorado. Au premier semestre de 2019, au début des manifestations de Hong Kong, les touristes chinois ont représenté plus d’un tiers de tous les visiteurs en Mongolie. Dans le même temps, le tourisme hong-kongais en provenance de l’Empire du Milieu a chuté de 42 %.

L’année dernière, Rolex, Versace, Burberry et Gucci ont décidé de prendre pied dans la capitale mongole, Oulan-Bator, pourtant froide et polluée. Des immeubles commerciaux chics y ont fait leur apparition, et les ventes de produits de luxe ont augmenté de 15 %.

Le défi : pérenniser

Le gouvernement mongol tente d’encourager cette tendance, et a commencé à organiser des cours gratuits de mandarin pour les employés du tourisme. Une campagne a été lancée pour promouvoir la Mongolie en tant que destination touristique. 

Néanmoins, Oulan-Bator aussi bien connectée, ni aussi cosmopolite que Hong Kong. Il ne sera sans doute pas facile de convaincre les Chinois d’y retourner lorsque la crise politique aura pris fin dans l’île-cité. Mais la Banque asiatique de développement a relevé ses prévisions de croissance pour la Mongolie cette année, et les a fait passer de 4,3 à 6,1 %. L’année prochaine, le pays devrait accueillir un million de visiteurs étrangers, contre 598.000 en 2018.