La France veut son premier avion décarboné pour 2028, mais les technologies ont encore du chemin à faire

Le ministère français du Transport a annoncé des financements pour la recherche et le développement d’un avion régional, ainsi que pour les carburants propres. Il volera à l’hydrogène ou sera électrique hybride. L’hydrogène comme carburant essuie encore de nombreuses critiques aujourd’hui.

Le transport par avion, si souvent critiqué pour ses émissions de CO2, veut faire peau neuve et se décarboner. Pour développer l’avion du futur, moins polluant, la France met 800 millions d’euros sur la table. Hybride électrique ou à l’hydrogène, le premier modèle devra être prêt en 2028, et entrer en service en 2030, rapporte BFM Business.

L’enveloppe fait partie du plan d’investissements France 2030 (un total de 30 milliards d’euros pour les technologies du futur, dont 1,2 milliard d’euros pour l’aéronautique), et sera adressée au Corac, Conseil pour la recherche aéronautique civile, qui reprend les représentants industriels du secteur ainsi que l’État. Il aura pour mission de développer cet avion régional. A terme, ce premier modèle devrait également aider le développement d’un modèle moyen-courrier, alimenté à l’hydrogène, pour 2035.

Les autres 400 millions d’euros sont dédiés à des startups spécialisées dans l’aéronautique, ainsi qu’à la recherche et la production de carburants propres, qui peuvent être fabriqués via le recyclage de CO2 (capté et mélangé à l’hydrogène pour faire du carburant à nouveau), par exemple.

L’avion à hydrogène critiqué

Les projets d’avion à hydrogène fleurissent et font couler beaucoup d’encre. A côté de projets d’avions de petite taille, les constructeurs de grands modèles s’y essaient aussi. Airbus a récemment annoncé vouloir faire voler un premier avion A380 à hydrogène en 2026, exploité dès 2035. Ce modèle est le plus grand avion pour le transport de passagers au monde.

Mais l’avion à hydrogène, pour l’heure, fait face à de nombreux défis. D’abord, ce carburant est cher. Ensuite, les équipements à bord par exemple sont lourds et volumineux, donc la capacité de passagers et de transport de marchandises sera réduite. Ce qui fait que le concurrent, Boeing, a des doutes. Il ne voit une véritable exploitation de l’hydrogène comme carburant possible uniquement dès 2050. Mais pour les petits modèles, le constructeur voit déjà plus de chances d’aboutir.

Mais toujours est-il que l’hydrogène, en tant que produit, n’est pas encore tout à fait neutre en carbone. Il peut être extrait du gaz naturel, chauffé, mais cela rejette énormément de CO2. Même si le carbone est capté, les émissions, lors de la production d’hydrogène, sont aujourd’hui encore colossales. L’hydrogène peut également être obtenu via électrolyse de l’eau, mais pour que la production ne soit pas émettrice en CO2, l’électricité doit provenir de sources renouvelables. De plus en plus de projets de cet hydrogène « vert » voient cependant le jour.

Même si ces technologies sont nécessaires pour diminuer les émissions de CO2, de l’aviation ou d’autres secteurs, elles ont encore du chemin à faire, et ne font pas encore l’unanimité.

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