Principaux renseignements
- L’Union européenne a considérablement augmenté ses importations de gaz naturel liquéfié (GNL) russe au début de l’année 2026, démontrant ainsi sa dépendance persistante à l’égard de l’énergie russe.
- Malgré ses efforts de diversification, l’Europe reste vulnérable aux perturbations géopolitiques et aux prix élevés du GNL en raison de sa forte dépendance vis-à-vis des approvisionnements américains.
- Alors qu’elle vise une interdiction totale du gaz russe d’ici fin 2027, l’UE est confrontée à des défis pour parvenir à une véritable sécurité énergétique.
L’Union européenne a connu une forte hausse des importations de gaz naturel liquéfié (GNL) russe au cours du premier trimestre 2026, atteignant leur plus haut niveau depuis 2022. Cette tendance met en évidence la dépendance persistante de l’Europe vis-à-vis des sources d’énergie russes, malgré les efforts de diversification de sa chaîne d’approvisionnement. L’Institut pour l’économie de l’énergie et l’analyse financière (IEEFA) a fait état d’une augmentation de 16 pour cent en glissement annuel des achats de GNL russe par l’UE, qui ont atteint 6,9 milliards de mètres cubes.
Vulnérabilités géopolitiques mises en évidence
Cette hausse est principalement due aux importations vers la France, l’Espagne et la Belgique. Le conflit au Moyen-Orient a encore perturbé l’approvisionnement énergétique mondial, soulignant la vulnérabilité de l’Europe. Alors que l’UE s’efforce activement de réduire sa dépendance au gaz russe acheminé par gazoduc depuis l’invasion de l’Ukraine en 2022, la Russie reste un fournisseur important, se classant comme la deuxième source de GNL pour le bloc.
Un calendrier ambitieux pour la transition
Malgré cela, la Commission européenne vise à interdire complètement toutes les importations de gaz russe d’ici l’automne 2027 afin de couper les vivres à la guerre en cours. L’UE dépend de plus en plus des importations de GNL américain, les États-Unis étant en passe de devenir le premier fournisseur de gaz de l’Europe dès 2026, selon l’IEEFA. Le groupe de réflexion prévoit que d’ici 2028, l’UE pourrait s’approvisionner à hauteur de 80 pour cent de ses importations de GNL auprès des États-Unis.
Les données de la Commission européenne révèlent que la Norvège détient actuellement la plus grande part de l’approvisionnement global en gaz de l’UE (31 pour cent), suivie des États-Unis (28 pour cent) et de la Russie (14 pour cent). Cependant, l’IEEFA met en garde contre l’échec de la stratégie européenne en matière de sécurité énergétique. La transition du gaz par gazoduc vers le GNL, destinée à renforcer la diversification et la sécurité d’approvisionnement, a au contraire exposé l’Union à des prix élevés et à des perturbations potentielles en raison de sa forte dépendance vis-à-vis du GNL américain et de l’instabilité géopolitique persistante au Moyen-Orient. (fc)
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