La Norvège prévoit d’étendre ses activités pétrolières et gazières offshore pour renforcer la sécurité énergétique européenne


Principaux renseignements

  • La Norvège prévoit de remettre en exploitation trois gisements de gaz offshore d’ici 2028 afin de maintenir ses niveaux de production de pétrole et de gaz.
  • Malgré une tendance mondiale en faveur des énergies renouvelables, M. Aasland estime que l’Europe continuera de dépendre du pétrole et du gaz pendant des décennies.
  • Les associations environnementales critiquent la décision de rouvrir ces gisements, la qualifiant de « greenwashing » qui ne tient pas compte des avis des experts.

La Norvège souhaite développer la production offshore de pétrole et de gaz, a annoncé le ministre norvégien de l’Énergie, Terje Aasland. Il estime que la Norvège a le devoir de remédier aux pénuries d’énergie causées par les conflits en Ukraine et au Moyen-Orient.

Objectifs de production revus à la hausse

Pour répondre à cette demande, M. Aasland a annoncé la réouverture de trois gisements de gaz au large de la côte sud de la Norvège d’ici fin 2028. Ces gisements avaient été fermés il y a près de trois décennies. Avec cette décision, la Norvège entend maintenir la production de pétrole et de gaz au niveau de 2025 jusqu’à la fin de la décennie.

Par ailleurs, la Norvège compte actuellement 97 gisements pétroliers offshore. L’année dernière, trois nouveaux gisements sont venus s’y ajouter. Selon la Direction norvégienne des activités offshore, ce nombre passera à plus de 100 gisements d’ici deux ans. La production quotidienne restera ainsi d’au moins 2 millions de barils de pétrole.

Nouvelles frontières de l’exploration

La mer de Barents, dans l’Arctique, est en train de devenir un nouveau front pour l’exploration pétrolière et gazière. L’exploitation des ressources minérales du fond marin entre le nord de la Norvège et le Groenland reste pour l’instant une perspective lointaine.

Aasland affirme que la production offshore norvégienne joue un rôle crucial dans la garantie de la sécurité énergétique de l’Europe. Il estime en outre que le monde, y compris l’Europe, restera dépendant du pétrole et du gaz pendant encore plusieurs décennies. Et ce, malgré la transition mondiale vers les énergies renouvelables.

Critiques des groupes environnementaux

La décision de rouvrir les gisements de gaz d’Albuskjell, de Vest Ekofisk et de Tommeliten Gamma est critiquée par les associations écologistes. Par ailleurs, le Parti socialiste de gauche accuse le gouvernement de « greenwashing ». Le parti reproche également au gouvernement d’ignorer l’avis de l’agence nationale pour l’environnement.

Equinor, dont l’État norvégien détient 67 pour cent des parts, souhaite maintenir sa production à son niveau actuel. L’entreprise vise 1,2 million de barils par jour, soit le niveau de 2020, jusqu’en 2035. Elle prévoit en outre d’investir 6 milliards de dollars par an dans l’exploration et le développement afin d’atteindre cet objectif.

Priorité à la sécurité énergétique

Aasland, le ministre norvégien du Pétrole ayant exercé le plus longtemps, souligne la responsabilité du pays de répondre aux besoins de l’Europe en matière de sécurité énergétique. Il met en avant le changement de priorités, passant de la suppression progressive des combustibles fossiles avant la guerre en Ukraine à la recherche active d’un accroissement des approvisionnements en pétrole et en gaz. (rd)

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