Principaux renseignements
- Les entreprises allemandes privilégient les échanges commerciaux avec les pays d’Europe de l’Est par rapport aux États-Unis et à la Chine.
- La forte croissance des exportations vers l’Europe de l’Est renforce considérablement les performances commerciales globales de l’Allemagne.
- Les tensions croissantes au Moyen-Orient poussent les entreprises allemandes à rechercher des partenariats plus fiables en Europe de l’Est.
Les entreprises allemandes ont considérablement accru leurs échanges commerciaux avec les pays d’Europe de l’Est au premier trimestre 2026, dépassant le volume total des échanges avec les États-Unis et la Chine réunis. Selon l’Association allemande pour les affaires avec l’Est, les exportations et les importations avec ces 29 pays ont augmenté de 3,5 pour cent en glissement annuel pour atteindre un total de 141 milliards d’euros. En comparaison, le volume total des échanges avec les États-Unis et la Chine s’élevait à seulement 122 milliards d’euros.
L’Europe de l’Est, moteur de la croissance des exportations
Cette forte croissance des échanges commerciaux avec l’Europe de l’Est a été un moteur essentiel des performances globales de l’Allemagne en matière d’exportations. « Le commerce allemand avec l’Est a démarré l’année 2026 sur les chapeaux de roue », a déclaré Philipp Haußmann, vice-président de l’Association des entreprises orientales. « Sans l’Europe de l’Est, le commerce extérieur allemand serait nettement plus faible. »
Les exportations vers l’Europe centrale et orientale et l’Asie centrale ont enregistré une hausse particulièrement forte de 5,5 pour cent, atteignant 75,2 milliards d’euros au premier trimestre. Cette progression a dépassé le taux de croissance global des exportations, qui s’est établi à seulement 2,0 pour cent. Les importations en provenance de cette région ont également augmenté, bien qu’à un rythme plus lent de 1,4 pour cent, pour atteindre 65,8 milliards d’euros.
Hausse des coûts
L’association a attribué les bons résultats enregistrés en mars en partie à des effets préventifs liés à la hausse des coûts de transport et à d’éventuels goulets d’étranglement dans l’approvisionnement, notamment au vu de la flambée des prix de l’énergie due au conflit avec l’Iran.
Les exportations vers les quatre principaux marchés – la Pologne, la République tchèque, la Hongrie et la Roumanie – ont augmenté de près de 4 milliards d’euros au premier trimestre. Les exportations vers les pays d’Europe du Sud-Est en plein essor, notamment la Croatie, la Serbie, la Bulgarie et la Slovénie, ont également affiché une croissance substantielle. À l’inverse, les exportations vers l’Ukraine ont diminué par rapport à l’année précédente, ce que l’association a attribué à un fort effet de base par rapport à l’année précédente.
L’Europe de l’Est compense les pertes au Moyen-Orient
La croissance des échanges commerciaux avec l’Europe de l’Est et l’Asie centrale compense le recul des activités avec le Moyen-Orient lié à la guerre. Au total, les exportations allemandes vers huit pays du Moyen-Orient (Bahreïn, Irak, Iran, Qatar, Koweït, Oman, Arabie saoudite et Émirats arabes unis) se sont élevées à seulement 1,5 milliard d’euros en mars, soit une baisse de 757 millions d’euros par rapport à l’année précédente.
Ce recul est attribué au conflit en cours entre les États-Unis/Israël et l’Iran, qui a conduit à la mise en place par l’Iran d’un blocus du détroit d’Ormuz. En conséquence, les livraisons vers l’Iran ont chuté de 67 pour cent pour atteindre seulement 25 millions d’euros en mars.
La fiabilité, clé d’un succès durable
Haußmann a souligné l’importance de cadres économiques et juridiques fiables pour le succès, citant la croissance continue de la Pologne, quatrième marché d’exportation allemand, qui a dépassé la Chine.
La République tchèque bénéficie également d’un environnement d’investissement stable. Il s’est montré optimiste quant au retour de la Hongrie sur la voie du succès, à l’image de la trajectoire qu’elle a suivie après son adhésion à l’UE en 2004, soulignant la nécessité de la fiabilité et de la sécurité juridique pour une croissance durable. (fc)
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