Principaux renseignements
- L’Espagne fait l’objet de critiques pour avoir prétendument détourné les fonds de relance post-Covid vers des dépenses sociales au lieu de les consacrer à des projets écologiques et numériques.
- Cette controverse ravive les inquiétudes concernant l’utilisation abusive des fonds communs par les pays les plus pauvres de l’UE et alimente les appels à un contrôle plus strict.
- Cet incident exacerbe le fossé budgétaire entre les pays du nord, fiscalement conservateurs, et leurs homologues du sud, plus dépensiers.
Les allégations d’utilisation abusive par l’Espagne des fonds de relance post-Covid suscitent la controverse en Europe du Nord, notamment en Allemagne et aux Pays-Bas. C’est ce que rapporte Politico. Les détracteurs affirment que l’Espagne a détourné des milliards d’euros destinés à des projets verts et numériques vers des dépenses sociales, notamment le paiement des retraites.
L’Espagne défend ses actions
Alors que le gouvernement espagnol et la Commission européenne nient toute malversation, affirmant que l’utilisation anticipée des fonds post-Covid pour couvrir des besoins budgétaires courants ne viole pas les règles, la controverse a ravivé des inquiétudes de longue date concernant le gaspillage, par les pays les plus pauvres de l’UE, des fonds levés grâce à la dette commune. Les détracteurs du fonds de relance, une initiative de 577 milliards d’euros lancée en 2021, se saisissent de cet incident pour démontrer que le programme n’est qu’un soutien budgétaire déguisé destiné aux nations en difficulté.
Le gouvernement espagnol soutient qu’il a respecté les objectifs du plan de relance en investissant dans des projets verts et numériques. Il fait également valoir que la réaffectation de fonds au sein du budget est une pratique courante autorisée par les réglementations nationales et européennes. Cependant, un rapport de l’organisme de contrôle des comptes espagnol suggérant que les fonds de relance ont été utilisés pour des dépenses sociales courantes a alimenté les doutes à travers l’Europe et intensifié les appels à la fin de la dette commune de l’UE.
Les lignes de front budgétaires
Cet épisode alimente le débat en cours sur le prochain budget septennal de l’UE, opposant les pays du Nord, fiscalement conservateurs, à leurs homologues du Sud, plus dépensiers. L’Espagne, fervente partisane de la dette commune de l’UE, fait partie des rares pays à plaider en faveur d’une augmentation du budget proposé de 1 800 milliards d’euros.
La controverse a également suscité des critiques concernant la transparence et le contrôle du fonds de relance. La Cour des comptes européenne fait écho aux préoccupations précédemment soulevées quant à la nécessité d’un reporting plus systématique sur les coûts réels et l’utilisation finale des fonds. Les détracteurs soulignent le changement par rapport aux modèles de financement européens antérieurs, où le remboursement n’intervenait qu’après la présentation des factures, ce qui rendait le suivi des dépenses plus difficile. Ils exigent la responsabilité, une transparence totale et le remboursement de tout fonds détourné. (fc)
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