Les dirigeants de l’UE doivent s’entendre avant la date butoir sur un budget de 1.800 milliards d’euros.


Principaux renseignements

  • António Costa cherche de toute urgence à conclure un accord sur le budget de 1 800 milliards d’euros de l’UE d’ici la fin de 2026.
  • Le succès des négociations dépend de la capacité à surmonter les désaccords politiques et techniques entre les États membres concernant les sources de financement et les priorités de dépenses.
  • Il est crucial de parvenir à un accord avant les prochaines élections en France, en Espagne et en Italie afin de garantir la stabilité et d’éviter d’éventuelles perturbations.

Le président du Conseil européen, António Costa, s’emploie activement à faire avancer les discussions sur le prochain budget de l’Union européenne, d’un montant de 1.800 milliards d’euros, dans le but de parvenir à un accord d’ici la fin de l’année 2026. Ce calendrier ambitieux vise à tirer parti d’une fenêtre d’opportunité étroite avant que les prochaines élections ne viennent potentiellement perturber les négociations, Alors que les dirigeants de l’UE se concentrent actuellement sur des questions urgentes telles que les prix de l’énergie et la stabilité économique dans un contexte de conflits mondiaux, Costa a réservé du temps lors du sommet de Chypre pour discuter de la question controversée de la mise en place de nouvelles taxes à l’échelle de l’UE destinées à générer des recettes selon Politico.

Financer l’avenir

L’urgence découle de la nécessité imminente pour l’UE de rembourser 25 milliards d’euros par an à partir de 2028, afin de couvrir la dette commune contractée pendant la pandémie de Covid. Cependant, après neuf mois de négociations, la provenance de ces fonds reste incertaine. Costa souligne l’importance croissante de parvenir à un accord budgétaire compte tenu du report des discussions plus tôt cette année.

Sa détermination est également motivée par le calendrier politique, l’objectif étant de finaliser les négociations avant l’élection présidentielle française d’avril 2027. On craint qu’une victoire du Rassemblement national d’extrême droite, actuellement en tête des sondages, freine considérablement les progrès. Parvenir à un accord dans ce délai serait exceptionnel selon les normes de l’UE et consoliderait la réputation de Costa comme négociateur chevronné.

Les compromis entre Nord et Sud

Toutefois, toute avancée dépend de la volonté des gouvernements de faire des compromis. Des différends techniques et des manœuvres politiques ont bloqué les discussions entre les experts budgétaires à Bruxelles. Costa espère que l’implication des dirigeants dans le processus apportera l’orientation politique nécessaire pour surmonter ces obstacles.

Les négociations sur le budget commun de l’UE pour la période 2028-2034 sont complexes, les pays d’Europe du Nord, plus riches, hésitant à augmenter leurs contributions et se montrant sceptiques quant à l’octroi de pouvoirs fiscaux supplémentaires à la Commission européenne. À l’inverse, les pays d’Europe du Sud et de l’Est sont favorables à un budget plus important et s’opposent aux coupes dans les subventions agricoles et les fonds régionaux, qui représentent près de la moitié des dépenses totales.

Prélèvements contestés

La proposition de la Commission de juillet dernier visait à équilibrer ces intérêts divergents tout en affectant davantage de fonds à des priorités émergentes telles que la défense et les technologies stratégiques. Malgré neuf mois d’examen minutieux par les experts budgétaires des 27 États membres, les vetos nationaux ont empêché tout progrès sur les questions sensibles. L’opposition s’est renforcée contre les nouveaux prélèvements sur les produits du tabac, les déchets électroniques non recyclés et les revenus des entreprises.

Les diplomates de l’UE reconnaissent la nécessité d’une intervention politique, affirmant que les discussions techniques ne peuvent à elles seules sortir de l’impasse. Le prochain sommet à Nicosie devrait ouvrir la voie à la présidence chypriote du Conseil de l’UE pour présenter en juin un document de négociation budgétaire révisé avec des chiffres actualisés.

Différentes élections comme catalyseur

Costa reconnaît le délai limité disponible en raison du cycle électoral européen. La récente victoire du conservateur hongrois Péter Magyar, qui a remplacé Viktor Orbán, offre une occasion de faire avancer les discussions. L’absence d’Orbán au sommet ouvre davantage la voie à la conclusion des négociations avant les élections françaises, où le programme du Rassemblement national pose des défis potentiels avec ses appels à une réduction des contributions à l’UE et à une diminution de l’aide militaire à l’Ukraine.

Les élections à venir en Espagne et en Italie en 2027 ajoutent à la pression, introduisant une nouvelle source d’incertitude. Le chancelier allemand Friedrich Merz veut finaliser le budget d’ici la fin de l’année. Cependant, des pays fiscalement conservateurs comme les Pays-Bas et la Suède pourraient s’opposer à des concessions uniquement dans le but de parvenir à un accord rapide. Le Parlement européen a l’intention d’entamer les négociations avec le Conseil dès que les gouvernements seront parvenus à un accord. (fc)

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