Alors que la durabilité est aujourd’hui, à l’occasion de la Journée de la Terre, au cœur des préoccupations, cette réflexion est encore trop souvent absente des politiques de reconnaissance des entreprises belges. Une étude montre que 88 % publient un rapport de durabilité, mais seulement 4 % offrent un cadeau durable.
Une étude iVox révèle qu’un travailleur belge sur dix souhaite recevoir un cadeau durable ou écologique. Cette attente est particulièrement marquée chez les jeunes et les personnes plus diplômées. Il ne s’agit pas d’une minorité négligeable : c’est un groupe significatif et en pleine croissance. Sur la base de plus de 1,2 million de cadeaux envoyés en Belgique et aux Pays-Bas, Kadonation observe une tendance claire : la demande pour des options durables augmente chaque année, mais au moment de commander, la majorité opte encore pour l’alternative familière (souvent moins chère). Pourtant, les organisations qui n’y répondent pas aujourd’hui risquent bientôt de ne plus être en phase avec les attentes de leurs propres collaborateurs.
À bas les tote bags
Trop de cadeaux finissent inutilisés dans une armoire ou sont tout simplement jetés. Ce n’est pas seulement une occasion manquée pour le destinataire — c’est tout simplement l’inverse d’une politique durable. « Les entreprises jouent trop la sécurité et offrent des cadeaux dont personne ne veut vraiment. Je frémis à la vue de l’énième tote bag, porte-clés ou mug. Quelque chose de générique, de bon marché, d’inattaquable. Le résultat, c’est un cadeau qui finit à la poubelle. C’est l’opposé de la durabilité — et de la reconnaissance », souligne Jelle Van Roosbroeck, cofondateur de Kadonation.
Tout le monde décide un peu, donc personne ne change rien
Kadonation identifie une explication au faible nombre de cadeaux écologiques. En pratique, les achats restent fidèles aux fournisseurs habituels, les RH jouent la prudence et la finance se concentre surtout sur le budget. Personne ne porte réellement la durabilité jusqu’à la politique de cadeaux… et rien ne change. Aux Pays-Bas, par exemple, on observe que les entreprises expérimentent plus rapidement des alternatives durables — notamment grâce à une offre plus large.
Il faut que ça change
La clé réside dans une politique d’attention centrée sur le collaborateur, fondée sur la pertinence et l’usage, plutôt que sur la facilité et l’habitude. La Journée de la Terre constitue un moment idéal pour que les entreprises réévaluent leur politique dans ce domaine, d’autant plus que de plus en plus d’organisations travaillent à des objectifs ESG et à des certifications comme B Corp.
Avec la directive CSRD, qui impose désormais à environ 2 500 entreprises belges de publier des rapports de durabilité, les exigences ne feront que se renforcer. Les entreprises qui prônent la durabilité en interne tout en distribuant des cadeaux jetables risquent de voir leur discours décrédibilisé. Les attentes en matière de cadeaux durables — au travail comme dans la sphère privée — ne cesseront de croître. Celles qui agissent dès aujourd’hui ne réduisent pas seulement leur empreinte écologique, mais renforcent aussi la confiance sincère de leurs collaborateurs.
Jelle Van Roosbroeck, cofondateur de Kadonation

