La Floride veut imposer une amende aux réseaux sociaux pour avoir banni des politiciens (comme Trump) de leur plate-forme

La Floride va devenir le premier État américain à punir les entreprises de réseaux sociaux qui excluent des politiciens tels que l’ancien président américain Donald Trump. L’amende serait basée sur un projet de loi adopté jeudi par la législature républicaine de l’État.

Facebook, Twitter et YouTube pourraient bientôt recevoir une amende pour avoir interdit des hommes et femmes politiques. C’est qu’affirme une récente loi en Floride. Les critiques disent que c’est inconstitutionnel, exemple la NBC News.

Le gouverneur Ron DeSantis, allié républicain et de Trump, est l’instigateur de cette loi. Le parlement floridien a voté à 77 contre 38 pour l’adoption de cette mesure, le Senat 23 contre 17. Il ne manque plus que la signature du chef de l’État pour qu’elle entre dans les textes de loi.

‘Violation du premier amendement’

Cependant, la proposition est déjà contestée devant les tribunaux. Selon NetChoice, une association professionnelle de l’industrie de la technologie, et bien d’autres, il s’agit tout simplement d’une violation du premier amendement – la liberté d’expression – pour les entreprises.

‘Le premier amendement indique clairement que le gouvernement ne devrait pas réglementer l’expression des particuliers ou des entreprises. Cela inclut les actions du gouvernement pour forcer la parole en exigeant qu’un média social privé publie un contenu qui va à l’encontre de ses politiques ou préférences’, a déclaré Steve DelBianco, président de l’association, lors d’un témoignage le mois dernier.

‘Les droits d’utilisateurs prioritaires’

Les républicains ciblent régulièrement Twitter, Facebook et YouTube. Ces plates-formes ont en effet banni Donald Trump et d’autres républicains pour leurs propos. Ils parlent de censure injuste. Toutefois, les entreprises de ces réseaux considèrent que ce sont les politiques qui dépassent les règles. Certains politiciens ont notamment poussé à la violence, ce qui est interdit sur les réseaux sociaux. Ils se réfèrent à l’assaut du Capitole par QAnon le 6 janvier de cette année.

Plus tôt ce mois-ci, le juge en chef Clarence Thomas s’est rallié à l’opinion républicaine. Selon lui, les législateurs peuvent adopter des lois obligeant les médias sociaux à publier tous les points de vue. ‘Le droit d’expression des utilisateurs est prioritaire. Les plates-formes ne sont là que pour permettre l’expression des autres.’

Amende de 250.000 $ par jour

Le projet de loi de Floride interdirait aux sociétés des réseaux sociaux de ‘déplatformer’ sciemment les candidats politiques. Cela signifie qu’une plate-forme ne peut pas ‘supprimer ou interdire définitivement’ un candidat.

Les suspensions jusqu’à 14 jours sont toujours autorisées. Et les plates-formes peuvent supprimer les messages qui enfreignent les règles d’utilisation. La commission de l’État serait habilitée à imposer une amende de 250.000 $ par jour aux entreprises de réseaux sociaux qui bannissent à long terme des personnages politiques. La loi oblige également les entreprises à fournir des informations sur les bannissements et à appliquer les règles de manière cohérente.

L’amendement de base était un prix proposé moins élevé que la décision actuelle. Mardi dernier, le parlement européen a toutefois augmenté l’amende.

‘Pas d’arbitres de la vérité’

Selon les législateurs républicains de Floride, la raison se trouve dans l’influence des entreprises technologiques. Et cette influence devrait continuer à augmenter, surtout en voyant les chiffres fous de ces sociétés pendant le confinement.

‘Ce projet de loi est un message fort à la Silicon Valley selon laquelle ils ne sont pas l’arbitre absolu de la vérité’, explique le représentant de l’État John Snyder (républicain).

Dans les cercles politiques de droits, les habitués ont tendance à penser qu’il s’agit d’une nouvelle ingérence du gouvernement dans les affaires des travailleurs. Mais d’autres critiques suggèrent que comme les entreprises reçoivent des subventions. Par conséquent, ils devraient être obligés de ne pas bannir de personnalités politiques et leurs opinions. Un débat a eu lieu à ce sujet il y a deux ans (voir la vidéo ci-dessous).

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